Urbs !!! La photographie urbaine

Le club audiovisuel auquel j’appartiens développe cette année une recherche thématique autour de la vision urbaine. Nos membres ont ainsi été appelés à proposer chaque mois une sélection des images qui serviront de base à une exposition en octobre prochain.

Ce projet est l’occasion d’analyses et de questionnements très intéressants sur la perception des univers et les définitions qu’on y accroche. La majorité quasi absolue des images montre ainsi un univers totalement déshumanisé, où la prédominance a d’abord été facilement accordée à l’architecture moderne. Or, nous sommes à Lyon, dont une des particularités est d’avoir conservé en son sein un très important patrimoine historique, datant notamment de la renaissance !  Puis, l’urbain est pourtant tout ce qui concerne la cité, c’est-à-dire l’endroit où se concentre la majorité des hommes, intéressants paradoxes qui font donc appel à des notions très subjectives.  Qui dit humain dit encore toutes les infrastructures et tout l’environnement matériel et symbolique dont il s’entoure….Cela va des bâtiments à tout le mobilier urbain, la signalétique,  mais aussi les bâtiments administratifs, les commerces, les écoles,  la statuaire, à la nature qui est présente dans la ville sous une multitude d’aspects, les parcs, les allées, les jardins citadins etc…Cependant, un tri assez étrange est opéré lors des séances entre ce qui est censé être urbain ou ne l’est pas : ainsi, les infrastructures sportives où les urbains en situation d’actions sportives ne sont par exemple pas considérés comme appartenant au thème… par contre, les parcs à vélo où les parkings le sont. Les affiches sur le mur, les graffitis, sont aussi hors jeu, les fleurs, les arbres etc….

L’autre versant du projet repose sur la notion de vision. Il y a là matière à interprétation puisqu’on sait que la vision fait appel à des processus qui ne sont pas que physiologiques, mais aussi psychologiques et cognitifs. Plusieurs axes peuvent donc être choisis pour nourrir une recherche, depuis la restitution ou le témoignage, jusqu’à l’interprétation artistique pure et la mise en scène de l’univers urbain. C’est sans doute cet aspect qui témoigne le plus de l’incroyable subjectivité des ressentis et des interprétations du thème, mais aussi de ce qui est censé appartenir à l’univers de la photo ou s’en éloigner. Ainsi, une série de photos traitées en HDR a soulevé une forme de polémique car elle ne permettait pas notamment une identification claire des lieux de prise, et que la notion même de retraitement des images fait débat, notamment chez les puristes. Les questions d’ailleurs ne cessent de fuser tout au long des séances, concernant la localisation des clichés, comme si cette reconnaissance était une forme de validation des choix, ou quelque chose de rassurant.

D’autres images très créatives, jouant sur le flou et les filés, les éclairages et les perspectives décalées ont souvent suscité une forme de malaise, voire de refus. Par contre, les visions paysagères classiques, noir et blanc ou panoramiques des sites n’ont jamais remis en cause la notion même de vision, donc d’interprétation du thème. Et, en général, toutes les images offrant les caractéristiques techniques classiques en usage dans le monde de la photo, cadrage, lumière, règles de proportion ont été validées sans problème….Un seul photographe s’est amusé à restituer aussi le côté comique et quasi surréaliste de la ville.

Il est donc assez amusant de constater que la liberté accordée par le thème proposé, est assez peu exploitée, comme si les photographes refusaient en quelque sorte de lâcher la bride à leur imaginaire et à ce que l’univers de la ville suscite en eux sur le plan tant esthétique qu’émotionnel. Et semblent se coller sans encombres aux stéréotypes qui accompagnent classiquement la notion de ville en tant qu’endroit inexpressif où agressif, et où le modernisme est presque toujours assimilé à quelque chose de négatif et de restrictif, plutôt qu’à une plus value. Où l’expression artistique urbaine, pourtant omniprésente dans les bâtiments, les ornements et décorations de la ville est presque totalement écartée, invisible.

Et moi, dans tout cela ? Et bien, je cherche surtout à écouter ce que tout cela dit en moi lorsque je me promène le museau au vent, en me laissant pénétrer de tout ce qui est autour de moi. Et à le traduire de multiples façons, et sous des angles divers….une recherche à tâtons dont je livre les images dans Urban scène…..

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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