Passe-plat

Une petite réflexion  sans amertume, mais pleine de questionnement me taraude depuis quelques temps via les réseaux sociaux que je fréquente. J’y glane comme tout un chacun les événements qui se passent dans ma région, et y retrouve avec plaisir les publications des auteurs et photographes que je suis. J’y constate comme tout le monde que l’usage du petit pouce levé en l’air, le j’aime, a bouté hors champ  les courageux aficionados qui prenaient le risque de venir poser sur un blog ou sous une image un commentaire construit et argumenté. Il n‘y a plus guère que sur les forums que l’on peut espérer recevoir une ligne ou deux sur un post que l’on met. Encore ne faut-il pas se montrer trop exigeant, le paradoxe de notre ère ultra communicationnelle étant justement que l’on ne se parle pas. Et il n’est pas rare aujourd’hui que je découvre directement via le net les projets de mes proches ou très proches, alors qu’il y a peu encore, ces projets en gestation se donnaient de personne à personne, posant ainsi une intimité et un partage sans prix pour moi…. Aujourd’hui, cette complicité intellectuelle a disparu totalement pour laisser place à des chemins juste parallèles ….

J’y vois aussi avec un certain déplaisir les campagnes d’auto promotion prendre largement le pas sur la communication de base, particulièrement en ces périodes de pré fête et je le regrette beaucoup. D’ici peu de temps, les ventes de calendriers et de tirages festifs vont inonder,  via les notifications ma boite mail, et m’inspirer encore plus de rejet de ces festivités obligatoires que je n’aime pas ! Pire, cette captation publicitaire du réseau m’incitera davantage à masquer ces intempestifs usages qu’à les partager.

Je m’efforce moi-même de dépasser cet usage paresseux de la toile pour soutenir plus vaillamment, ne serait-ce que par un bref commentaire, les créations et publications qui m’intéressent. Je crois encore fermement au pouvoir de la parole donnée en sincérité, à l’altérité nécessaire pour que les relations croisées sur la toile sortent du monologue nombriliste et de l’auto promotion, pour instruire un vrai dialogue. Parce que le regard de l’autre, sa validation de votre travail ou pensée est nécessaire pour faire évoluer une relation et une maturation de ce que l’on donne à autrui. Et parce qu’il faut s’interroger sur le sens de ce que l’on donne : est-ce juste un soi que l’on veut montrer, une forme de mini performance virtuelle de ce que l’on est, est-ce à l’autre qu’on s’intéresse, que veut-on donner et aussi recevoir ? Les moyens techniques innombrables qui permettent d’évacuer en quelques nano secondes le soin qu’on devrait porter à cette communication de fond, qui fonde l’existence d’autrui en face de soi, ne doivent pas prendre le pas de ce temps nécessaire ; car ce temps que nous refusons à tous aujourd’hui, ces over bookages qui ne sont qu’un refus de faire des efforts, nous l’avons bien plus que ne l’avaient nos ascendants ! C’est juste une question de volonté et de choix raisonné, rien d’autre…

Ce pourquoi je pense que le net ne doit pas être le simple passe-plat de nos états d’âme et auto proclamations,  mais rester ou devenir un vecteur réel, assumé et actif d’un vrai relai au monde…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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