Vous-êtes vous déjà demandé ? …petite philosophie de boudoir !

Il existe, ne m’en déplaise, la philosophie de comptoir, vous savez, ces petites idées qu’on fabrique sur un coin de zinc, cette vie qu’on refait avec un mix de bon sens populaire, de ressassements de trucs lus ici et là, etc. Je lui préfère la philosophie de boudoir, plus intime et plus en phase avec mes obsessions !

Elle prend sa source dans les pourquoi, qui, comme lorsque j’étais enfant, venaient ponctuer de leurs points d’interrogations déliés, ma vie citadine. Les pourquoi et les vous –êtes vous déjà demandé…

Par exemple, ce matin, écoutant une énième réponse convenue échangée entre voisins sur un trottoir, je me suis demandé combien de fois par jour, en moyenne, on faisait un truc qui nous plaise et nous corresponde vraiment. Comme  vous écrire en cet instant, acte conscient et totalement volontaire, choisi ! J’ai même planté là pour le satisfaire un tas de courses abandonné tel quel sur ma table de cuisine…..

Vous–êtes vous donc déjà demandé pourquoi vous ne faites que rarement ce que vous auriez envie de faire. Pas juste un instant en passant, mais en vous questionnant vraiment ; Moi, je suis assez stupéfaite par l’incroyable force d’inertie que les humains peuvent opposer à toute volonté de changement. Leur capacité à endurer un malheur, des privations, à se les imposer à eux-mêmes frise le degré absolu du masochisme. Je ne parle évidemment pas des pays où la censure, et la dictature, jointes à la misère humaine et morale dictent leurs lois, mais des systèmes supposés démocratiques. Passe encore des périodes où la morale et les religions faisaient peser sur les malheureuses consciences tutellées le couvercle tourmentant de leurs oukases ! Nous n’en sommes plus là, mais alors, où sommes-nous donc ? Où suis-je moi ? Qui peine parfois à balayer assez vigoureusement devant ma porte et cède le pas aux habitudes, à la résignation…..là où une rébellion vivace serait de meilleur aloi pour faire bouger les rangs ?

J’ai toujours été troublée par le fait qu’il faut parfois acculer le genre humain à sa dernière extrémité pour que, tel un citron, il exprime enfin tout son jus….faut-il donc une catastrophe, un séisme intérieur, pour qu’enfin, nous soyons capables de grandir, de construire quelque chose qui nous ressemble un peu ? Est-ce qu’alors, tout n’est qu’une question de limite personnelle, chaque être ayant son propre barrage du pacifique venant limiter ses plages intimes et berner son libre arbitre relatif ?

Vous voyez combien le boudoir mène loin, quand assis dans un fauteuil, on se pose quelques questions…..le plus réjouissant étant de savoir qu’il n’y a pas forcément de réponses….mais tout un univers de choses possibles….

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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13 commentaires pour Vous-êtes vous déjà demandé ? …petite philosophie de boudoir !

  1. Antonio dit :

    Si je me suis déjà demandé ? Beaucoup sans doute comme moi doivent sourire à lire cette question, beaucoup sans doute doivent aussi chercher une réponse.
    Et si on commençait par ne plus faire ce qui ne nous correspond pas ou plus ?
    Combien de fois nous sommes-nous demandé ce que nous faisions-là ? Tout ce temps perdu, chez belle maman, à cette soirée, dans cet hôtel trois étoiles quand on ne rêve que de partir à l’aventure un sac sur le dos… Pendant ce temps-là, nous nous effaçons, nous nous ignorons. Alors qu’il est si simple de dire non… non, ce n’est pas moi… non, je n’aime pas… non, vas-y sans moi… Va vers ton risque, à te regarder faire les autres s’habitueront, disait René ou quelque chose comme ça. Arrête ton char, et mets toi dans le rang semblent nous reprocher les regards d’incompréhension tout autour. Je sais, le jeu de mots est facile mais il tient sa place gentiment.
    Je ne sais pas si je parviendrai à faire plus souvent ce que j’ai envie de faire, mais en tout cas j’y vais et pas par quatre chemins… le temps nous est compté (ou conté selon)..
    Et à vous lire, Phédrienne, si brillamment sur ce blog j’aime imaginer que vous n’en êtes pas loin.

    Merci pour cette petite fenêtre philosophique qui donne sur votre agréable boudoir.

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  2. Alors là, je suis tellement d’accord avec toi. Discuter sans cesse, oui, critiquer, au combien mais quand il faut passer aux actes, il n’y plus personne !
    Pour faire court, je crois que tout changement, même bénéfique éveille toujours une grande peur…l’espèce humaine est ainsi faite. Et malheureusement, comme tu l’écris, les gens ne réagissent que poussés à bout… à croire que cette société malade ne va pas encore suffisamment mal pour qu’ils se réveillent. Cela viendra…
    Encore une pensée du boudoir : la liberté est trop lourde à porter, il est tellement plus facile d’être un mouton….

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  3. Phédrienne dit :

    Bonjour Elisabeth
    Entre loup et mouton, il doit bien exister des alternatives, je ne sais pas moi, des moutons pensants ? Et des loups bienveillants 🙂

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  4. Phédrienne dit :

    Bonjour Antonio
    René Char, je prends  !!!! Et oui, la question prête à sourire, comme tous les poncifs qui pourtant, ont du sens….je suis comme vous, j’apprends, chaque jour, à me réapproprier une part de moi qui refuse de se plier aux contingences non indispensables….c’est tellement jouissif de penser par soi-même, et de faire quelque chose qui est un acte conscientisé, affirmé…Alors oui, sortir du clan est quelque chose de risqué, mais la vraie question est : qu’est-ce que nous faisons dans ce clan ? Pour ma part, je préfère la position de l’électron libre, erratique certes, mais tellement porteuse 🙂
    Merci à vous

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  5. Pensar y actuar son dos cosas diferentes.¿Cuántas veces nos hemos hecho las mismas preguntas? ¿Cuántas veces la inercia nos paraliza? Muy interesante todo lo que planteas; al final todo consiste en reaccionar y tratar como dices de no actuar como parte de un clan, no ser parte del rebaño. Pero ir contra corriente en el día a día no es fácil, aunque si muy gratificante y libertador. Pascal decía, si no recuerdo mal que « el hombre es como un junco mecido por el viento ». Estoy contigo, yo también prefiero ser electrón libre y no dejarme llevar por los demás. Me encantan tus artículos, vivos e inteligentes, tu filosofía de vida. Por todo, gracias.

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  6. Phédrienne dit :

    « Penser et agir ce sont deux s choses différentes Combien de fois avons-nous posé les mêmes questions ? Combien de fois l’inertie nous paralyse-t-elle ? Très intéressant tout ce que tu projettes; à la fin, tout consiste à réagir et à faire le choix comme tu dis de ne pas agir comme la partie d’un clan, de ne pas faire partie du troupeau. Mais aller contre-courant n’est pas le plus facile, bien que c’est très gratifiant et libérateur. Pascal disait, si je me rappelle bien « l’homme est comme un jonc bercé par le vent ». Je suis avec toi, je préfère être aussi un électron libre et ne pas me permettre d’être portée par les autres. Tes articles m’enchantent, vivants et intelligents, ta philosophie de vie. Pour tout, merci. »

    Barbara,
    Je me suis permis d’utiliser le traducteur pour essayer de transcrire vos mots, dont vous me pardonnerez l’approximation. Je vous remercie de l’indulgence apportée à votre lecture de mes écrits, de la vivacité avec laquelle vous y répondez ! C’est un grand bonheur de partager questions et interrogations et que d’autres, comme vous, y répondent, et participent à un élan commun.

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  7. C’est parfait et charmant à vos tour. Je suis ravie. Sur le moment autrement dit, j’y pense: « alors je sais ecrire bien en français »!!!; c’est n’est pas vrai mais ça me fait très plaisir!!! Merci, merci, merci… Mille fois merci.

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  8. Phédrienne dit :

    C’est moi qui vous remercie, Barbara !

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