Les pas dans la forêt

Il y avait un pinceau d’or,

Dessinant à traits hachés

Les habits d’apparat des arbres,

Dans la rosée.

Le sol était dur comme un manque d’espoir,

Noir, dur et mouillé,

Et de ses bras liant de femme amoureuse,

La forêt nous prenait

Dans ses mille voix chuchotantes,

Dans son haleine brumée de pluie,

Dans ses vêtements de fougère,

Dans ses chevelures de féérie.

Il y avait ce temps absous

Accroché au faîte des arbres,

Et clignotant de petits bruits.

Ta main dans la mienne tremblait ;

Nous étions deux chasseurs  de feu,

Deux primitifs au seuil des âges,

Aussi nus que des outrages.

Rien n’existait que le baiser,

De nos semelles enfoncées

Dans l’humus et la boue noire…

La forêt était notre histoire

Et nous étions la sienne, aussi….

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Les pas dans la forêt

  1. rechab dit :

    Même s’il fait jour, quelque part, c’est une fête nocturne
    Un frôlement de gestes, des bonds discrets, et des yeux habitués à l’obscurité.
    On a laissé au loin , le bruit et la fureur, le crépitement du soleil sur les chaumes
    Pour la cathédrale de pénombre,

    Où se glissent de temps à autre les bourdonnements têtus d’avions, bien au-delà.
    Il faut s’habituer au rideau des bois, à la chevelure mouvante, qui ondule au moindre vent, et
    … retrouver ses repères.

    Quand tout se ressemble un peu, qu’il faut contourner les corps couchés d’ancêtres écroulés,
    Ecarter des rideaux de fougères, s’extraire des pièges de ronces, la progression est lente.
    Personne n’a jalonné le terrain, n’a semé de temps en temps des cailloux blancs, qui guideraient les pas.
    Celui-ci et le suivant. La distance ( dont on ne peut dire qu’elle s’étire ), ne connaît pas la ligne droite.
    Le pied prend appui sur ce qui n’est pas, le terrain s’accidente et se heurte de temps à autre à des rochers instables,
    suivis de pentes glissantes.

    En attendant me voila progresser dans la fange, les mousses cédant du terrain vers l’humide.,sous les caquetages faciles
    des oiseaux exotiques, dont on ne distingue qu’un passage furtif,
    La voûte de la forêt est une explosion que l’on suppose verte,

    Une cloche végétale, fourmillant d’insectes, où chacun travaille à sa survie.
    Je dois agiter les bras en tous sens, pour tenter d’échapper aux moustiques, intéressés par ma présence insolite.
    …en d’autres lieux j’aurais pu croiser les corps écailleux de reptiles en attente…

    Mais , – je vois une éclaircie soudaine, un sillon clair partage la futaie….

    j’ai retrouvé le chemin.

    RC – 7 octobre 2012

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