Chemins de traverse et buissonnades….petite philosophie du boudoir acte XII ( je crois !)

Parler de soi n’a aucun sens, sauf lorsque ça rejoint une forme d’universel, et que ça peut faire écho. Et chez les drôles de bipèdes que nous sommes, je pense que  le particulier rejoint si souvent le général que se croire spécial est une cocasserie…se croire seul dans ses choix, aussi !

Sur les routes où vagabondent nos choix de vie, nous sommes en effet si nombreux, bien que sur l’instant, nous nous croyions tout seuls, que nos parcours se croisent et s’entrecroisent et que parfois, l’ombre d’autres pas devant nous peut nous conforter, où nous décourager. Parfois  aussi, ce drôle d’appel qui donne aux jambes le désir de marcher ici et non ailleurs, et qui résonne en voix off dans la tête de certains ne rencontre pas d’écho, est jeté et bâillonné dans un coin. Et au milieu des routes qui se dessinent et (où) que notre volonté dessine, nous nous engageons obstinément sur un « mauvais » chemin…. Je ne parle pas ici au hasard, ayant mis moi-même tant de temps à me retrouver sur le chemin de traverse qui est désormais le mien, et qui ressemble plus à un sentier de forêt moussu, tortueux,  amusant et dangereux, ou au fil du funambule dansant dans la lumière, qu’à un chemin plat : celui de l’art et de l’engagement qu’il requiert.  Mais je crois que personne n’a de chemin plat.

Je ne parle pas ici non plus de prédestination ou d’appel mystique, mais très simplement de ce qui se tisse pas à pas, dans notre histoire, et qui parfois se montre clairement dès le plus jeune âge, parfois demande beaucoup de temps ; mon histoire par exemple a été depuis presque toujours marquée des mots. Je dirais même que les livres ont été mes pères et mères à côté de mes autres parents. Ils m’ont élevée aussi sûrement qu’une nourrice attentive, et j’ai su tôt ou désiré tôt, écrire et ne faire que cela ! Mais il a fallu très longtemps pour que j’ose me baptiser du statut d’écrivain, tout modeste qu’il reste par ailleurs, et que mes pages sortent de leur tiroir. Et je me suis longtemps encore égarée dans des chemins qui n‘étaient pas pour moi et où je me sentais tellement peu à l’aise, qu’y vivre était bien plus qu’inconfortable !  Beaucoup de choses manquaient en effet à l’appel pour que je m’autorise ce pas libertaire et libérateur : être moi dans cette  peau d’écrivant ! Le courage, la confiance, la conviction, la prise de risque assumée, ce petit grain de raison qui me ferait enfin suivre ma propre boussole ! Et aussi, parce que nous ne construisons pas notre vie que pour nous, prendre le risque de l’incompréhension et du rejet des siens, de leur peur et de leur chagrin aussi quand on rompt un code, ou  quand on quitte le clan !

Mais ce que j’ai fini par comprendre, c’est que le temps ne joue pas contre nous ! Qu’aucune des voies que nous prenons n’est jamais inutile, qu’elle fait partie d’une buissonnade intérieure, et qu’il importe peu qu’elle dessine sans fin des méandres compliqués. Tout fait grandir, tout forge, et tout peut conduire.

J’ai coutume de dire que je fais donc plutôt partie des plantes sauvages à floraison tardive ! Mais ce que j’espère secrètement, c’est que l’épanouissement soit aussi long et progressif et que la note de tête  de mon petit parfum personnel flotte durablement dans l’air !

Façon pour moi de sourire aux chemins creux, aux chemins noirs et aux chemins hirsutes et joyeux, dans lesquels j’ai souvent sauté de flaque en  flaque où quelquefois traîné un peu des pieds, avant d’arriver à vous !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Chemins de traverse et buissonnades….petite philosophie du boudoir acte XII ( je crois !)

  1. Personne n’a de parcours plat et si jamais c’est le cas, je n’y vois vraiment aucun intérêt.
    L’Homme se construit mieux sur le chemins les moins fréquentés et marcher sur un fil, n’est certes pas facile mais quel apprenti-sage….

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