Mais où sont passés les lutins….petite philosophie du boudoir acte XIV (arbitrairement )

En bas du chemin à gauche. Prenez le troisième arbre en partant de l’allée ; celui qui est si touffu qu’on peine à entrevoir à travers ses branches, la lumière ; Il y a sur le tronc un curieux nœud de bois qui ne me trompe pas : c’est là ! Là qu’habite un farfadet moqueur et sans chapeau vert. C’est lui qui fait choir sur la tête du promeneur noisettes creuses ou pommes de pins. Il bombarde, et son rire se confond avec le souffle du vent. Près de lui, immobiles et pas toujours bienveillantes, en appui sur leurs cuisses minces et longues, des nymphes cruelles et hiératiques penchent leur buste aiguisé et dardent leur regard pointu. Vous ne le savez pas, mais la forêt de Brocéliande n’est pas bretonne, elle est partout ! Partout où croissent des champignons humides et terreux, où s’allongent comme des jambes des racines tutélaires, elle s’approche même dangereusement des villes et grignote les trottoirs ; il suffit de regarder et de sentir, en marchant, et alors, déchirant le voile des illusions, une autre vision se créée, éphémère et pourtant aussi réelle, pour un temps.

Partout, mangeant la fleur des pavés et rongeant les reflets des vitrines, en affût derrière la petite grand-mère qui promène son chien, le jeune en baggy qui zone son spleen appuyé contre le mur, et même, embusquées derrière ce col-cravate  qui jette ses enjambées comme il jetterait son fric derrière lui, d’autres histoires attendent en murmurant. Elles attendent qu’accrochant au passage votre cœur, vos idées, vous les cueilliez comme autant de petits fruits acidulés et revigorants, de petites bombes éclatant dans l’esprit et rejetant dans l’atmosphère leur carbone millésimé fantaisiste….Vous ne me croyez pas ? Pourtant je vous l’assure ! Même la plantureuse caissière qui trône dans la lugubre supérette du coin de ma rue cache bien son jeu, mais je l’ai dépistée depuis longtemps. C’est la reine de Saba, charbonneuse et mamelue, dont les épaules puissantes et la poitrine triomphale sont le lit des fleuves sauvages et des forêts chevelues.

Mon concierge lui est un prince dansant, dont le balai se métamorphose….et quant à moi, vous dirais-je mes mille vies ? Que nenni ! Je vous laisse imaginer tout seuls ce que vous voudrez et saurez si bien trouver par vous-mêmes ! La réalité n’existe pas et c’est assurément une bonne nouvelle. A sa place, malléables et renaissants comme un phénix entêté, les contes des mille et une vies prennent leur place : entrez dans la danse, et vivez !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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13 commentaires pour Mais où sont passés les lutins….petite philosophie du boudoir acte XIV (arbitrairement )

  1. Françoise dit :

    Savais-tu qu’il existe une « école des Elfes » en Islande ? et on peut y être diplômé (source courrier international) …… les islandais appellent ces êtres que tout le monde ne voit pas forcément : les gens cachés ;o)

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Françoise,
      Non, je ne le savais pas, et suis positivement ravie de l’apprendre. Vais aller faire un tour là-bas, moi !
      Bises

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      • Françoise dit :

        cela me dirait bien aussi ;o) et également pour le pays et les paysages qui m’ont l’air assez sauvages et magnifiques !

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  2. Tu me fais rêver de ce monde magique, auquel je crois et tu as su m’y transporter dans un grand émerveillement…merci, Colette.
    J’irai bien aussi dans cette école, l’Islande est vraiment un pays à part

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  3. ¡.Toi, tu es comme Sherezade! Je me suis perdu dans cette forêt ravie de entrer dans la dance…Jolie. Jolie, Jolie. Bisous.

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  4. Tu es très gentille mais tu te fais des idées, je dance très bien uniquement en rêves. Hahaha. Gros bisous.

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  5. RvB dit :

    Tout de même, arriver par l’écrit à faire sentir l’humus à l’homme des bois que je suis, c’était loin d’être gagné d’avance, mais par quelque magie des mots, tu y es parvenue. Lire tes articles est en soi déjà un enchantement, si en plus tu y parles de mes amis farfadets, comment pourrais-je résister ? Et d’ailleurs, pourquoi résister ?! Merci pour ces lectures récréatives qui sonnent toujours juste.
    Amitiés Colette !

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Hervé
      C’est un grand bonheur de te voir sur ces pages et j’espère t’y retrouver au plus vite ! Tu sais à quel point j’aime à partager ces univers! Et les lutins s’accommodent au mieux des hommes des bois !
      Amitiés à toi

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