Heureusement qu’il neige encore….petite philosophie du boudoir acte XV

2182Ce matin, comme souvent, j’ai jeté un œil curieux par ma fenêtre avant tout autre chose ; plaisir de découvrir un jour neuf, bâillant encore dans sa robe de chambre et sirotant au calme les dernières gouttes d’un lait chaud. Et du lait, il en pleuvait à flocons fins et drus, mille paillettes de lait tombant à leur gré et s’accrochant pour rire à la rambarde de bois de ma fenêtre.

J’ai évidemment coupé court à l’écoute des bulletins d’info clamant la météorologique catastrophe en cours : il neige en hiver ! Un anachronisme foudroyant plongeant les malheureux humains dans un état cataleptique, heureusement compensé par les alertes oranges ! Après la création de Bison futé, je pense que ces alertes oranges sont une invention digne de figurer au panthéon des trouvailles médiatiques. Aujourd’hui, la peur du temps est orange, une belle progression !

On sait que les hommes ont toujours eu peur du temps, les offrandes aux dieux anciens en témoignent et c’était avec une juste raison : le paysan dans son champ, le marin secoué sur son bateau sur une mer déchaînée, le travailleur dans son local mal chauffé, pouvait assurément aspirer à un climat plus serein pour son aise et sa sécurité. Et dans beaucoup de pays du monde, malheureusement, cette peur reste très légitime en raison de la précarité des moyens et des conditions de vie ; mais dans nos pays ? D’ailleurs,  enfant et lorsque j’étais à la campagne, je n’ai jamais entendu personne se plaindre de la pluie ou du mauvais temps, si ce n’est lorsqu’un orage de  grêle abattait le travail de plusieurs mois. La peur du temps, c’est un truc urbain, je vous l’assure !

Aujourd’hui, l’homme citadin se plaint en constance. De la pluie qui mouille, du vent qui refroidit, du soleil qui cuit et de la neige qui glisse ! Lors même qu’il voyage au chaud et en sécurité au volant de sa voiture ou dans des transports très sécurisés. Mais, au lieu de goûter la chanson de la pluie, la magie blanche qui transforme de laids paysages en décors, le soleil qui maintient la vie, et encore qu’il ne fasse rien non plus pour endiguer les méfaits causés par sa façon de vivre et qui influe tellement sur le climat, il ronchonne ! Et refusant de prendre une pelle et de creuser lui-même son chemin, attend, râlant toujours, que d’autres viennent lui ouvrir la route !

Pendant que je vous écris, la neige s’épaissit et tapisse les trottoirs : un luxueux tapis de laine blanche, barrant pour une fois le chemin au bitume et au gris. Je vous avoue que je ne vais pas y résister longtemps ! Et que le nez dans mon écharpe, je vais aller gaiement me rappeler qu’en 2013, heureusement, il neige encore !.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Heureusement qu’il neige encore….petite philosophie du boudoir acte XV

  1. RvB dit :

    Bonsoir Colette,
    Je suis allé moi aussi fêter cette alerte orange en allant gambader dans la neige : une alerte orange de neige dans les Vosges, pour quelques centimètres au final, franchement, il fallait oser, et ils ont osé ! (je lis d’ailleurs que nous y sommes toujours, ciel !)
    Il me faudra toutefois encore beaucoup de ces alertes oranges avant d’être satisfait, mais au delà de l’absurdité évidente de ces alertes, j’ai tout de même beaucoup ri de cette lecture, rafraîchissante (j’ose), et je t’en remercie !

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  2. Très beau ton post, Colette, j’adore la neige mais dans la nature, en ville, cela fiche une sacré pagaille. Et depuis trente ans que je vis à Paris, il ne neige que depuis quatre années.
    En plus, la France ne sais pas réagir et en bonne Polonaise, je rigole (jaune) de leur incapacité de traiter les quelques flocons, qui paralysent la ville.
    En plus, malgré mes centaines de paires de chaussures, je n’en ai pas pour la neige 😀

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Elisabeth
      ben tu sais, j’ai passé toute mon enfance en région parisienne, et de la neige, j’en ai vu à plusieurs reprises! Il y avait certes beaucoup moins de trafic automobile , mais je crois aussi que les gens étaient beaucoup plus habitués à se débrouiller !
      Amitiés !

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