Même pas peur !

Ca fait longtemps que je me dis que peu de gens dans ma vie m’auront donné  envie de faire : j’entends par là l’envie de pousser le bouchon, d’aller au bout de soi (heureusement, ce bout, on ne le trouve pas !), de basculer au-delà de ses peurs et de ses atermoiements. En fait, ce que je ne savais pas prendre des autres, je ne savais pas non plus me le demander à moi–même. Evidemment, comme tout le monde donc, ou beaucoup, parfois, j’atermoie. Partant du principe, idiot d’ailleurs, que certaines choses ne sont pas pour moi à cause notamment de mes deux mains gauches, qui font de moi quelqu’un de pas très adroit sur le terrain (livre guiness des records de verre cassés, notamment !) .

Mais je me suis aperçue depuis longtemps que j’étais dotée d’un cerveau têtu. Certaines de ces petites sphères s’auto stimulent presque malgré moi devant tout ce qui est création et petite, je me suis donc lancée quand même sans apprentissage aucun dans le dessin, comme je me suis lancée dans l’écriture.

Aucun chef d’oeuvre n’est hélas sorti de mes mains, et sans doute par un  accès d’orgueil mal placé, j’ai arrêté longtemps de gribouiller ! Et pourtant, ce besoin tellurique d’être en contact et de laisser une idée se dérouler sur la feuille m’a taraudé longtemps : en fait, j’avais trouvé la composante masochiste qui en moi refuse parfois de se faire plaisir, sans aucune raison valable. Car, après tout, il y a de par le monde assez de Michel Ange pour compenser mes essais !

Je suis donc partie un beau matin chercher un peu de matériel, et quand ça me prend, je dessine à ma façon et sans plus de retenue que de savoir ! Et le plaisir est là, complet !

Le plus sera de prendre le temps quand je le pourrais de combler mes manques par des cours ; mais en attendant, ce premier petit pas franchi timidement est comme un joyeux courant d’air, que je partage ici !

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A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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11 commentaires pour Même pas peur !

  1. Antonio dit :

    Il est difficile, j’ai constaté, de s’extraire des carcans de notre éducation, du scolaire. Vous parliez sur un autre billet du titre, de la fonction que vous revendiquez, vous aviez besoin de le justifier ou du moins aborder le sujet, le clarifier. Pourquoi ?

    Trop longtemps j’ai entendu qu’il fallait un don pour être artiste, des références, des oeuvres reconnues pour porter un titre, d’écrivain, de musicien, des freins pour ne rien commencer à faire à trente ans. Trop tard, mon pauvre, fallait commencer tout petit !

    Alors on prend des cours pour justifier la pratique parce que s’exposer sans c’est se faire taper sur les doigts trop culottés. Franchement, arrête la chanson !
    Et si moi ça me plait de chanter, de le partager avec d’autres. J’entends aussi que c’est faux, je m’applique, j’apprends, je prends plaisir surtout. Et il faudrait que je laisse tomber ?

    Expérience vécue par des personnes proches qui se sont interdit bien ces plaisirs.

    Je suis convaincu que cela vient du scolaire, des notes, du principe même d’élimination, atteindre un niveau, acquérir des compétences, sinon on est recalé. Tu chantes faux, donc, pitié, tu ne chantes pas. Fais autre chose ! Et pourtant c’est en se trompant que l’on apprend le plus. Parfois même des profs d’arts, trop élitistes, avec des méthodes du moyen âge et obnubilés par le résultat, découragent plus qu’ils ne donnent envie,

    Car une fois encore, il ne s’agit que d’envie comme vous le dites… faire avec ce que l’on a… sans retenue et sans savoir, quel plaisir ! Cela reste le meilleur moyen de créer, de s’inventer.

    Le résultat ? On s’en arrange, on l’arrange au mieux.. mais pour notre plaisir d’abord, toujours, pour le décupler… C’est là que la technique, dans quelque domaine que ce soit est un bien précieux, presque indispensable, de la matière qui nous enrichira sans aucun doute, nous sublimera peut-être… mais je le mettrai presque dans un deuxième temps pour trouver le bon partenaire qui a compris votre envie et ira dans votre sens.

    Osez ! .. osons ! … même pas peur comme vous dîtes, comme vous avez raison !

    J’ai fait un peu long et décousu mais que voulez-vous, au Café de la page blanche c’est un peu mon cheval de bataille et je suis content de partager cette idée avec vous. 🙂

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Antonio
      C’est ce que j’aime chez vous, ce libre épanchement des mots ! Bien souvent, le format web impose une restriction, sans parler de la paresse de certains lecteurs (:) ), alors, c’est un plaisir de vous lire !
      Vous savez, je crois qu’on a tendance à opposer les choses plutôt qu’à en jouer : dans le domaine de la création, le plaisir n’exclut pas les apprentissages et réciproquement ! Le choix d’un cours ne serait donc pas pour moi une validation, mais la possibilité d’aller plus loin et de progresser.
      Quant aux carcans dont vous parlez et comme Pierre Bourdieu l’a si bien montré dans ses ouvrages, la culture n’est malheureusement pas un bien commun. Elle est sous contrôle des élites bien heureuses de n’en dispenser que quelques miettes restreintes, et qui s’arrogent le droit de décider de ce qui est beau ou pas. Le reste du troupeau, qu’on a habitué à se croire stupide, suit, évidemment, et peine à sortir du pré carré qu’on veut bien lui concéder. Ce pourquoi, dans les sondages portant sur les goûts et pratiques, il existe une cohésion incroyable au sein des différents groupes ciblés. Ce n’est certes pas le fruit du hasard, la culture étant indissociable du milieu dans lequel vous baignez !
      Etant de nature plutôt rebelle, il est vrai que je n’ai jamais accepté, le « c’est pas pour nous ! », qui , au sein de mon propre entourage, aurait voulu détourner mon attention de telle ou telle chose ; Etant gourmande au sens large du terme, je n’aime pas non plus les restrictions ! Par contre, étant aussi bête qu’une autre, j’ai parfois mes arrêts et mes complexes idiots, qui m’empêchent de faire autant que je voudrais ! Mais, je me secoue !!!!
      Merci à vous ! 🙂

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  2. Alors, ravie, si sincèrement pour toi. Je trouve que tu te sous-estimes un peu, chacun a sa part d’excellence et quant aux travaux manuels, j’ai aussi deux mains gauches, ce qui ne me gène nullement, d’autant que je n’aime pas ça.
    Tu as largement fait tes preuves, ne serait-ce qu’ici et cette part de masochisme qui nous empêche de faire ce que nous aimons tu l’as surpassée.
    Personne ne te demande d’être le Michel Ange, juste te (et nous) faire plaisir 😀
    Bisous et bon week-end

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  3. RvB dit :

    Sortir du troupeau, voir pousser ses cornes pour charger, sauter, gambader, et ruer dans toutes les directions. Être un cabri libre possède assurément plus de charme qu’une longue vie moutonneuse aux pantoufles assorties !
    Vive les chemins de traverse, les esprits rebelles,… ou têtus, seuls épris de liberté.

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  4. Lunesoleil dit :

    J’ai bien appréciée vos commentaires , je me suis reconnue étant moi-même autodidacte …
    Merci pour ce sympathique blog , rester soi-même il y a que ça de vrai …

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  5. rechab dit :

    Oui, bien entendu, il faut se lancer, oser, sans avoir peur, – ne serait-ce que pour se révéler à soi-même – et révéler son plaisir de faire – même si on n’est pas toujours satisfait du résultat..

    Si on parle du domaine de l’écriture – où maintenant je fais en moyenne 1 à 2 écrits quotidiens – c’était un domaine, que je considérais réservé ( à d’autres)… et même si j’ai toujours eu beaucoup d’aisance dans ce domaine, je n’avais pas le déclic, la nécessité d’en faire… et pourquoi? et pourquoi avoir à partager, ce qui justement n’existait pas, ou très peu… jusqu’à cet évènement survenu, il y a maintenant un peu plus de deux ans, où j’ai osé « répliqué » à de courts textes poétiques de la même manière… alors que mon domaine est plutôt à l’origine, celui de la peinture et des arts……

    Mais ensuite c’est l’écho ( l’appréciation positive, avoir quelque chose à dire de façon cohérente,), qui fait qu’on continue… et qu’on est porté ( je ne dirais pas par l’inspiration)… je n’aime pas ce mot… comme s’il fallait être dépendant de quelque chose d’extérieur – non, mais être porté par sa propre recherche interne, qui font que les images écrites ou images plastiques, prennent une saveur, qu’on l’on ne trouve pas ailleurs…..

    J’avais un blog fourni pour les traces artistiques visibles -qui a été effacé.. et j’en reconstitue laborieusement un autre, petit à petit…
    c’est http://artisstique.wordpress.com/

    Bonne continuation, alors …

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    • Phédrienne dit :

      Oui, je suis pleinement d’accord avec tes mots et la vision qui s’en dégage. C’est absolument essentiel dans un parcours de vie de trouver l’endroit qu’on a envie d’habiter, l’expression qui est sienne et alors « d’y aller », en franches coudées libres de tout ! Le reste vient…ou ne vient pas….mais savoir écouter en soi l’impérieuse nécessité de faire est un merveilleux bond en avant ! Merci pour le partage de liens .

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