Quand le renoncement devient la meilleure façon de construire … Petite philosophie du boudoir acte XXXII

J’ai coutume de dire que je suis comme la petite chèvre de monsieur Seguin ; têtue et tenant tête au loup jusqu’au matin.  Parfois aussi, jusqu’à la bêtise et à l’aveuglement. Celui qui me forçant à ne pas voir les évidences, m’amène à taper de la corne contre les murs ; une fois, mille fois, sans que rien ne s’ébranle.  Sauf ma tête évidemment, qui en ressort bosselée et plutôt de travers ! Le côté extrêmement passionnel et jusqu’au boutiste qui est le mien m’a donc amenée mille fois à faire des sottises ; ce qui en soit n‘est jamais grave, à condition de savoir en sortir et de ne nuire à personne, ce qui n‘a pas toujours été le cas, malheureusement. Une des grandes expériences de ma vie a été pourtant d’apprendre à reconnaître mes erreurs, intentionnelles ou non, professionnelles ou privées.  Et de savoir les dire aussi à qui de droit.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, loin de détruire l’égo, un mea culpa abouti, c’est-à-dire,  qui ne vous précipite pas non plus dans une culpabilisation délirante, aide à construire. A se regarder soi dans ce qui n‘est pas toujours agréable à admirer. Ca gêne aux entournures sur le moment et ça fâche : aie ! L’image qu’on voulait superbe n’est pas si jolie que ça ! Mais au moins, par ce petit travail sur soi,  devient-elle un peu plus exacte et fiable. Et permet–elle de devenir moins nocif à soi et aux autres.

J’apprends ces derniers jours qu’il est parfois aussi utile de savoir renoncer, quand on  pense avoir exploré tous les coins, recoins  et ressources possibles.  Quand la corde à nœuds tissée à mains nues pour franchir un Everest s’effiloche malgré vos efforts répétés. Plutôt que de nourrir d’inutiles regrets, mieux vaut alors se féliciter d’avoir cru en son franchissement et d’avoir tout mis en œuvre pour ce faire.  L’échec n’est pas une sanction. Mais plutôt l’indice qu’il faut changer d’angle, et dans mon exemple,  changer parfois d’itinéraire. Ainsi, l’histoire qu’on a pu se raconter, ou qu’on s‘est laissé raconter peut-elle garder un sens et ne pas s’enlaidir à l’excès.   C’est important, voire, essentiel, parce que tout dans la vie construit, est le terreau qui verra pousser de nouvelles plantes et que plutôt que de semer justement des champs de ruine, il vaut mieux s’arrêter à temps. Et prendre le temps de la réflexion lente avant d’explorer de nouveaux chemins.

 

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A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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8 commentaires pour Quand le renoncement devient la meilleure façon de construire … Petite philosophie du boudoir acte XXXII

  1. Antonio dit :

    Changer d’itinéraire, explorer de nouveaux chemins poussé par l’envie, oui !
    Mais renoncer au nom d’un sens à l’histoire que l’on se raconte, c’est là que nos voix se séparent dans l’écho du mot sens à mes oreilles.
    Aurait-il fallu que Blanquette retourne à son enfermement sans goûter à la liberté, aux plaisirs des sens en communion avec la nature ?
    On finit toujours dans la gueule d’un loup, un jour où l’autre, et le drame, ce jour-là, c’est d’avoir des regrets.
    Renoncer, c’est écouter la voix des autres qui vous disent « à quoi bon ? », « c’est impossible », « tu vois bien », « tu serais si bien là ». Vous changez votre fusil d’épaule et vous vous rendez compte que vous n’êtes pas meilleur gaucher.
    Renoncer, c’est se ranger, rassurer, mieux vivre parfois, mieux dormir… mais à quelle fin (faim), blanquette ?
    Facile à écrire, surtout dans ma situation confortable, mais c’est mon sentiment. Le renoncement, la meilleure façon de construire, j’en doute. Que mes cornes s’usent contre ce mur ! 🙂

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Antonio,
      Qui vous parle d’écouter les autres ? Je ne les ai jamais suivis, Ce n’est pas pour commencer aujourd’hui. Moi je parle d’écouter sa voix intime, celle qui vous dit que vous êtes en train de vous planter.et qu’il serait sage d’arrêter les dégâts. Demandez-vous à votre tour à quoi ça sert d’user ses cornes quand il n’en sort que de la poussière? A quelles fins (faims) le faire justement. L’orgueil de ne céder à rien ? De rester aveugle et sourd ? Est-ce renoncer à soi que de reconnaître qu’on se trompe sur un choix, un point de sa vie ou de son parcours? C’est peut-être justement le contraire, un ajustement ! Chèvre têtue oui, je le resterai ! Pas au prix d’un mensonge à soi, celui qui consiste à être aveugle à sa propre compréhension. Je n’ai pas l’intention de renoncer à mes fins ni à mes faims justement!

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      • Phédrienne dit :

        Mais j’admets que mon titre constitue une provocation; volontaire d’ailleurs. Un maître en stratégiee guerrière vous dirait que parfois pourtant, ce renoncement est le meilleur moyen de gagner la bataille décisive !Bêêêêh!

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      • Antonio dit :

        Complètement d’accord avec vous, mais le mot renoncement est-il approprié ?
        Parce que si votre voix intime vous souffle que vous faites erreur, ce n’est pas renoncer, c’est impulser un autre élan, changer le chemin, mais le but lui reste le même, ce vers quoi on va, ce que l’on est au plus profond de nous… non ?

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      • Antonio dit :

        Ben oui, vous nous faîtes peur là avec votre renoncement ! 🙂

        « Prendre le temps de la réflexion lente avant d’explorer de nouveaux chemins », c’est bien souvent trop lent à mon goût. Mais il est vrai qu’aujourd’hui on prend plus facilement les chemins de travers que de traverse pour atteindre son but. Mais je veux y croire, sinon « à quoi bon ? » … (Qui a dit ça ? 😉 )

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      • Phédrienne dit :

        il me semble pourtant que le terme est approprié parce que souvent, le choix de changer de cap interfère avec les sentiments, les émotions, la raison, impose de se faire violence. Rarement un choix que l’on fait n’impacte que sa propre personne ! Il a souvent des effets papillons sur l’entourage, à plus ou moins brève échéance. Et puis de prime abord, renoncer, c’est dire non à quelque chose, ce qui revient à dire oui à d’autres ! Etymologiquement, ça veut même dire « annoncer en réponse » à quelque chose. J’en parle « savamment » parce que j’ai en toute connaissance de cause, renoncé il y a quelques années à mon ancienne vie maritale, familiale, bourgeoise et sécurisée pour vivre en cigale artiste libre, pauvre et indépendante ! Choix que je ne regrette pas, mais qui m’a amenée à comprendre qu’il faut sortir d’un manichéisme bon teint et de la seule écoute à soi pour ne pas répéter toujours les mêmes erreurs.
        Choisir c’est renoncer. Qu’il est difficile et terrifiant de renoncer.Dominique Lévy-Chédeville
        Et c’est bien parce que je veux y croire, que j’essaie de devenir intelligente !

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      • Antonio dit :

        Oui, je comprends. Par rapport à un engagement, le renoncement a son sens. Mais par rapport à ce que l’on est et ce que l’on croit dans son for intérieur, choisir, dans ce cas, ce n’est pas y renoncer justement. Tout dépend de quel côté on se place.

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  2. Phédrienne dit :

    Nous sommes d’accord !:)

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