Mes petits carnets

D’aucuns écrivent sur des nappes. Certains avec des Montblanc, d’autres sur telle texture de papier rare et nulle autre. Et d’autres encore dans des endroits emblématiques et secrets fonctionnant à l’instar de cavernes magiques.

Moi qui tient éminemment du gastéropode (version à lunettes et à cheveux), j’ai tendance à porter ma maison sur mon dos, ou plutôt,  bien accrochée à mon cou (mon vieux réflex), et enfouie dans mes poches (des poches de vagabonde toujours crevées de trésors), sous la forme de carnets.

Qui sait le besoin urgent d’écrire me comprendra sans autre mots ! Et moult passants m’auront déjà vu courir éperdue d’un bout à l’autre de la ville un dimanche (en province comme chacun sait, la ville meurt  le dimanche) pour quérir un bout de papier, un carton, un crayon, un bâton pour tracer dans le sable, un rouge à lèvres ou un marqueur. Oui ! Ecrire est une folie ! Et qui n’attend pas !

Au fil des jours, j’ai donc adopté ou m’ont adoptée maints petits carnets de toutes tailles et toutes textures, de la plus brute (un minuscule carnet en feuilles artisanales où le stylo accroche sans arrêt) à la plus sophistiquée (un élégant carnet relié et gaufré offert par ma fille). Quant à mon bureau, je m’octroie sans façon le plus grand luxe du monde : écrire n’importe où, assise et parfois même debout.  Un tronc d’arbre, un lit d’herbe, un coin de quai chauffé de soleil, un banc solitaire, un trottoir de ma ville et quelques marches d’escalier sont mes antichambres de la création (qui m‘ont valu maintes fois de manquer de peu de me faire écraser !).

Le ciel au-dessus de ma tête (et parfois le vent et la pluie !), est le plafond où mes pensées se perdent (et parfois, ne reviennent pas !). Comme le petit Poucet de la fable, j’ai aussi semé à travers ma ville et partout où je passe, des stylos et des crayons facétieusement échappés de mes poches (les stylos sont très fuyants, je vous l’assure).  Si au détour d’une promenade, vous croisez de petits caran d’ache à la mine bien usée, un vieux bic qui n’a presque plus d’encre, faites lui la grâce d’un sourire ! Peut-être qu’un petit faiseur d’histoires est passé par là !

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Mes petits carnets

  1. RvB dit :

    Émouvante ouverture sur les coulisses de ton quotidien, mais attention aux voitures, hein ! 😉

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  2. La besoin d’écrire! Je te comprend bien; c’est comme ma incontinence de peindre (excusez-moi) mais c’est ça. Très jolie, J’aime beaucoup.
    Belle journée, Phédrienne.

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