Un parfum nommé désir…petite philosophie du boudoir, acte XXXVI

Que l’on ne s’y trompe pas ; je n’entends point ici donner libre cours à de  longs développements hédonistes sur les joies du corps. Non ! L’objet de mes réflexions matinales, largement frottées du désenchantement ambiant et conjoncturel, englobe plutôt tous les autres sens et dérivés de ce mot. Parce qu’enfin,  s’il est une liberté que même le plus grand dénuement matériel vous autorise, c’est bien celle-là : celle d’avoir envie, de vouloir, d’aspirer, de convoiter, et de rêver à ! Pour ne citer que ces mots là !

Je suis donc frappée de voir que mes concitoyens si nombreux (je vis dans une fourmilière), errent de ci et de là avec une forme d’aphasie, d’apathie et d’absence de sourires qui semble trahir on ne peut mieux cette absence de désir ; je veux dire désir exprimé, revendiqué, vécu ! Et non une forme d’envie frappée d’aigreur et de ressentiment, larvée et ratiocineuse, éreintée de ressassement !

Mais davantage, ce petit sursaut aiguillonnant qui vous tire du lit le matin avec un projet ! Lequel ne sera pas forcément réalisable à court terme ! Mais vous donnera l’énergie nécessaire à son accomplissement, la volonté de faire, d’essayer ! Bon, je vous entends déjà me rappeler à la triste loi de la réalité, au diktat des horaires imposés, des corvées, et tout le tremblement ! Mais c’est un sophisme qui ne saurait me convaincre ! Parce que mes propres choix de vie, risqués,  je vous l’accorde (vivre de sa plume et de ses images, non mais !) m’ont révélé l’intrinsèque pouvoir de cette disposition là : désirer, et mettre dans la réalisation de son désir, quel qu’il soit, l’affranchissement des limites, beaucoup d’audace et la fameuse remise en question nécessaire de tout ce qu’on croit savoir ! Ainsi déshabillé de pas mal de principes faux, de présupposés borgnes (très dangereux ça, les présupposés borgnes) et sachant trouver dans un ciel gris, le petit pinceau de lumière qui donnera à votre quotidien un nouvel éclat, vous serez frappé de voir à quel point le monde autour de vous aura changé de couleur. Et combien vous aurez changé de couleur pour lui !

Ca paraît idiot ou angélique, mais je vous assure que ça marche !

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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9 commentaires pour Un parfum nommé désir…petite philosophie du boudoir, acte XXXVI

  1. Antonio dit :

    Désir du matin, joli nom de parfum. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, il ne se trouve pas toujours sur l’étagère de votre salle de bain où il vous suffirait de le saisir et par quelques pressions vous en habiller pour la journée. Non, il faut pointer le bout du nez par la fenêtre de vos envies, vos projets, soigneusement laissée entrouverte la veille (toujours)… et prendre une forte respiration. « Hummm! … Ce désir-là y est encore… Oh ! … mais je… hum ! … je ne connaissais pas celui-là ! …Oh ! … Te revoilà, toi ! »
    Et d’ouvrir grand le volet de cette nouvelle journée, vous laisser enivrer par le plus audacieux, celui qui vous aura convaincu… l’image me revient ce matin de ce joueur de slide guitar dimanche sur Grafton Street (Dublin)…

    Aujourd’hui, c’est clair… je bosse mon blues jusqu’à ce que ça sonne à la perfection ! 😉

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    • Phédrienne dit :

      J’adore ! Oh la la ! Vous allez me donner encore plus de …désir d’écrire !

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      • Antonio dit :

        Une vraie boulimie de l’écriture… dont l’effet est l’inverse de celle alimentaire. Vous rendez tout ce que vous avez dans le ventre, dans le coeur et dans la tête sans jamais être à sec. Comment faites-vous ? Secret d’une alimentation survitaminée des sens sans doute 😉

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  2. Phédrienne dit :

    Survitaminée, je ne sais pas 🙂 ! Mais l’écriture et l’image sont des centres vitaux chez moi, quand ce n’est pas là, je suis déshabillée d’une part essentielle . Et pour le reste, j’écoute ce que me soufflent les choses, les gens, les atmosphères à l’oreille et je les transforme à ma façon ! C’est un tel bonheur !

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  3. Animé du même désir de vivre pleinement mes rêves

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  4. RvB dit :

    Je m’en viens grossir ma foi les rangs des désireux à vivre leurs rêves ! Je vois que nous sommes quelques uns ici même, ce qui fait, réellement, plaisir !

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