Les soldes, le consumérisme et moi ! …petite philosophie dans le boudoir acte XLIII

Je l’avoue, il n‘y a pas que les dimanches que je déteste. Mon exécration recouvre aussi ces endroits pernicieux, véritables antres de l’enfer sur terre que représentent les grandes surfaces, leur univers criard, vulgaire, agressant, que je fuis autant que je le peux,  et monte crescendo pendant les soldes. Les soldes ; quelle invention démoniaque !  Qui fait croire à des milliers de gens à un mieux vivre quand on les pousse encore à surconsommer des choses dont ils n’ont pas besoin en réalité. Quand par la magie de chiffres illusoirement combinés, on provoque une envie pour un chiffon, une bricole qu’on n’aurait pas même regardés avant. Je déteste ça, vraiment ; sans doute parce que je me rebelle à toute forme manipulatoire et que la publicité est pour moi le dernier degré de l’expression. Le degré zéro de l’esprit, le degré absolu du mépris pour les gens pris pour des bébés naïfs à qui on peut faire croire n’importe quoi.

Dans les transports, subitement métamorphosé en créature zombique, le citoyen lambda, bardé de sacs encombrants, la sueur au front et les pieds douloureux, a l’œil torve, le réflexe éteint et le teint cadavérique de l’impulsif qui n‘a pas su résister une fois de plus à ses démons.  Dans la rue ou les magasins, il devient bousculeur et agressif, jouant des coudes et du menton. Je dis il, parce que la légende qui veut que seules les femmes se précipitent dans ces cavernes d’Ali baba est assez erronée, hélas !  Aujourd’hui, ce vice est bien partagé, instruisant une parité dont personnellement je me passerais bien ! Le seul avantage que j’en retire est que du coup mes lieux de promenade sont déserts, les vertes prairies étant délaissées au profit des allées piétonnières et des halls, et les quais et ruelles que j’aime à arpenter seulement occupés par quelques rêveurs (dont votre servante) et des amoureux.

Et moi donc, dans tout ça ? Et bien, je fuis, choisissant pour mes courses indispensables les heures où le chaland dort encore, ou est déjà rentré chez lui ! Et vis un peu comme ces autochtones qui voient soudain surgir sur les deux cent kilomètres carrés de leur île, des touristes débordants. Et qui se terrent entre leurs quatre murs, sans haine ni ressentiment, en attendant simplement des heures plus calmes.  Et oui, la grande communicante que je suis a aussi ses côtés sauvages, et sa mauvaise foi ;  que vous me pardonnerez, j’espère !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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6 commentaires pour Les soldes, le consumérisme et moi ! …petite philosophie dans le boudoir acte XLIII

  1. Te pardonner…tu rigoles, Colette, j’ai envie de te serrer dans mes bras. Non seulement ce billet est une véritable perle mais j’adhère entièrement.
    Dieu sait pourtant que tu m’as fait peur : et oui, à lire le titre, me suis-je dit : « la grande communicante » fait des soldes… non, je rêve…
    Alors voilà, je dormirai mieux 😀 MERCI

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  2. RvB dit :

    Le titre était étonnant, mais, fort heureusement, la tournure ne pas autant surpris !
    Une mauvaise foi que je partage volontiers, mais il est avéré que je suis un sauvageon pure souche, qui ne dédaigne pas communiquer, à l’occasion ! ;o)

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