Die zauberflôte …un terreau nommé plaisir

fluteHier soir, deux mondes. L’un installé sur les sièges et dans les  loges de l’opéra de Lyon. L’autre vautré dans un chahut sympathique et fluctuant sur le dallage de la place des Terreaux devant un écran géant.

On y est venu en amoureux, en famille, en amis. Avec son coussin, son doudou, un  bout de carton, un tapis plié pour s’asseoir. Moins drôle, des sièges pliants hauts, mais seuls deux égoïstes impénitents ont eu cette vilaine idée ! Des touristes, beaucoup de jeunes, une foule très dense dont certains resteront debout tout au long du concert, très long (3h). Ca peut sembler loufoque d’écouter du Mozart dehors, avec le vacarme toujours présent du milieu urbain, et donc l’absence d’un son qualitatif et de la perception immédiate des chanteurs. Bien sur, le puriste ne s’y trompera pas qui ne s’aventurera pas dans ces grands messes, où le silence quasi religieux des spectateurs est très loin d’être garanti. Je le comprends, mais que voulez-vous, j’aime l’idée que l’opéra rejoigne la rue, descende sur les pavés et y fasse résonner ses accents lyriques ! J’ai aimé que par là il devienne accessible, sensibilise et capte. Que l’intense joie mozartienne, cette légèreté allègre transmute l’atmosphère toujours si lourde des villes. Et que le son s’échappant des lieux clos, s’envole sous les étoiles !

La reine de la nuit a certes effrayé quelques très jeunes auditeurs, vite évacués avec poussettes et nounours fermement serrés dans leurs poings. Des bavards incessants n’ont pas cessé non plus de bourdonner tout au long du concert et d’autres ont craqué devant la longueur de l’œuvre. Mais les autres sont restés, attentifs, séduits, applaudissant à la fin des actes et prenant visiblement du plaisir malgré l’inconfort !

Pour ma part, et en  dehors de l’interprétation très belle,  j’ai aimé le look décalé du chef d’orchestre, (Stefano Montanori),  musclé et torse serré dans un t.shirt noir,  et la mise en scène loufoque et barrée de Pierrick Sarain et Luc de Wit, ainsi que leurs effets spéciaux drolatiques, bien que leur interprétation symbolique ne soit pas toujours évidente (le cœur des enfants en bonnets de bain et lunettes de plongée dans un nid,  m’est resté obscur, je l’avoue !).

La musique n’est peut-être jamais si belle que dans les lieux qu’on a choisis pour elle, et où sa pureté peut se dévoiler dans son essence pleine. Cependant, faire descendre l’art lyrique dans la rue, est aussi une façon d’assurer  sa continuité et sa survivance dans le futur, en attirant à elle de nouveaux auditeurs ; le faire en transmettant des oeuvres très accessibles au plus grand nombre est aussi un moyen de désenclaver l’art, tout en maintenant ses lettres de noblesse. Et permettre que la musique soit un lieu vivant.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Die zauberflôte …un terreau nommé plaisir

  1. RvB dit :

    Une démarche originale et culottée qui mériterait de faire école ! J’aime l’idée.

    J'aime

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