Quand le langage se cantonne aux élites… petite philosophie dans le boudoir, acte XLIX

Hier après midi, ayant besoin d’évacuer la tension de mon esprit, je suis tombée par hasard sur la retransmission sur LCP Public Sénat, des fort intéressantes auditions qui ont eu lieu en février relativement au mariage pour tous. Je n’entends pas ci formuler un avis sur la question, ni ressusciter une polémique dont les médias nous ont saturés.  Non ! Mais, je suis tombée sur l’allocution de Gilles Bernheim, agrégé de philosophie et grand Rabbin de France et j’ai été extrêmement frappée, en l’écoutant et en étant très attentive aux questions et réactions que son intervention a suscitées, par la teneur des débats, la profondeur de champ qui y prévalait, la richesse du fonds et la pédagogie présentes.

Comme beaucoup d’entre vous, sans doute, je suis souvent suffoquée, indignée et très profondément découragée des extraits de discours dont on nous gratifie, et qui se singularisent le plus souvent par le creux, le vide, la vulgarité, le populisme, et au mieux, la langue de bois  ; dont on oublie souvent de dire qu’elle est laide, en plus de tromper les gens !

Là, et quelle que soit par ailleurs la sincérité ou le but avéré des différents interlocuteurs sur lesquels je ne me prononcerais pas, j’ai au moins et pour la première fois depuis longtemps entendu parler de vrais concepts et de vraies questions : qu’est-ce que la notion de différence sexuée, que recouvre la notion de droit, jusqu’ou peut-on séparer le laïque du religieux, où s’arrête l’ingérence de l’état, etc. Bien sûr, la présence de caméras induit forcément la maîtrise de soi (quoi que, on l’a vu pour certaines séances houleuses au sénat). Mais au moins y avait-il tout ce qui est nécessaire à la formation d’un avis : des arguments, des contre arguments, une écoute et une altérité de dialogue, dans un  langage complet et soutenu. Non jargonnant et débarrassé de ces horripilantes phrases toutes faites et vides de sens. Oui, mais voilà ! Des pairs s’adressaient à leurs pairs, on était dans un entre soi cultivé, d’un niveau socio éducatif égal, loin de la nécessité de plaire ou d’être entendu du plus grand nombre.

On était littéralement dans un autre monde, où le langage civilisé a toute sa place : ce qui  nous en sommes d’accord vous et moi, ne fait pas de ces élites des gens parfaits, très loin s’en faut, hélas. Mais ce n’est pas l’angle que j’ai voulu développer ici.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément « . C’est Boileau qui l ‘a dit dans son art poétique et cette phrase est toujours d’une poignante actualité. Poignante, car on ne fabrique pas des idées sur du vide, pas plus qu’on ne conceptualise  avec 300 mots ! D’où le fossé qui ne cesse de grandir  entre des élites éduquées et qui ont les moyens de se comprendre entre elles, et le reste du monde, qui est hors champ, comme exilé de sa propre langue. L’incidence de cette situation est énorme car qui détient le langage détient sur autrui un pouvoir incommensurable : celui d’énoncer  une vérité et d’édicter les lois, qui pour être contestées doivent au moins être comprises ! Ce pourquoi depuis Aristote, l’ignorance  des petites gens est une panacée sur laquelle  se construisent les trônes des rois anciens et modernes.

Les français révoltés de 1789 réclamaient du pain ! Il serait temps aujourd’hui de réclamer aussi le droit à ce qu’on cesse de nous parler et de nous écrire comme à des enfants débiles et incultes ! Ca, ce serait aussi un signe fort d’égalité !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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21 commentaires pour Quand le langage se cantonne aux élites… petite philosophie dans le boudoir, acte XLIX

  1. Claire dit :

    Je partage ton point de vue à 200% !
    « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément « , je ne connaissais pas cette phrase de Boileau. Une phrase puissante, une phrase qui chante… Le français est une belle langue pour qui sait la manier.
    A bientôt !
    Claire

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Claire
      Merci pour ton passage et ton commentaire; Au delà de la beauté, rappeler ce que véhicule une langue et pourquoi il est important de l’apprivoiser me paraît un beau combat !
      Amicalement. ,

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      • Claire dit :

        Oui bien-sûr Phédrienne, ici c’est clair tout y est et ça tient en une ligne : il y a le fond et la forme.
        De même dans tes textes, tu sers tes idées, pensées, rêveries, coups de gueules (et que sais-je encore), avec un sens du mot et de la tournure affuté. C’est toujours un plaisir de te lire…

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  2. Antonio dit :

    C’est comme si vous réclamiez que l’on nous passe plus de musique classique et de jazz. Ces musiques-là sont mal perçues par la majorité des gens et restent une musique qui s’écoute entre soi, à la maison ou dans des clubs.
    Un tube est une forme de populisme musical qui parle à tout le monde et qui propose les sons que l’on veut entendre sans vraiment nous enrichir mais en enrichissant ceux qui les produisent.
    Pour autant d’autres formes d’expression sont nées pour contourner cette lacune du solfège, base même de la musique écrite. Le blues, la soul, la pop, le rap bien sûr et bien d’autres… Mais toutes se basent sur une pauvreté d’accords qu’elles compensent par le rythme, l’intention, l’histoire qu’elles raconte et qui nous parlent, au corps et dans l’âme.
    L’analogie me vient comme ça car qui aujourd’hui peut comprendre les argumentaires d’une chaîne LCP ou même Arte (bonne émission qu’est « 28 minutes » pour débattre sur les idées) sans zapper de suite parce que les notions abordées, les mots, les formes grammaticales lui échappent ?
    Ce n’est pas de « l’inculture » mais un manque de bagage lexical nécessaire à échanger comme on l’aimerait tous pour élever les débats.

    Un avis, un peu spontané peut-être 🙂

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Antonio
      C’est un avis pertinent, mais dont la portée va plus loin que les apparences ! Parce que ce n’est pas l’absence d’un beau langage, ni même d’une culture que je déplore ici ; C’est bien le manque d’accès à des données fondamentales de compréhension que la pauvreté du langage favorise, justement ! Par là même, la capacité à se rendre davantage maître de sa vie, à être acteur collégialement dans un système sociétal, est amputée de fait. C’est pour cela que je souhaite dépasser le clivage simple entre ce qui relève du tri même de la culture et d’un débat inépuisable et stérile ( le jazz et la musique classique sont-ils supérieurs en soi à d’autres genres ?) pour aller vers le sens profond que révèle une société où coexistent des gens qui ne parlent pas la même langue et dont certains ont sur d’autres un ascendant. C’est peut-être un combat donquichottesque, mais je n’en suis pas si sûre ! A quoi bon faire progresser une société dans ses éléments technologiques si ce système là perdure, voire même s’aggrave ? Je crois qu’il faut des relais, des passages de sens entre personnes, pour qu’il n’y ait pas d’un côté le langage de dominants repliés sur eux-mêmes et que l’on laisse décider davantage pour leur propre bien-être que pour autrui, et les autres ; ceux dont on considère au final avec une forme de laxisme pas si éloignée du mépris, qu’ils ne méritent pas mieux et qu’ils sont bien contents de ce qu’ils ont. A travers la langue que l’on manie, c’est toute une sphère de civilisation avec ses valeurs, ses symboles, et les actes qui en découlent qui sont là! Et honnêtement, si j’ai la passion d’écrire, c’est bien parce que j’ai aussi la passion de défendre l’idée d’un monde où on peut apporter du sens pour le plus grand nombre.…
      Merci Antonio

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      • Antonio dit :

        Non pas du tout, la musique classique ou le jazz ne sont pas au dessus des autres genres. L’analogie était peut-être maladroite.
        Le vocabulaire, les expressions, la grammaire comparés au choix des notes et des gammes pour un jazzman, rebutent souvent le lecteur ou l’auditeur.
        Ne pensez-vous pas que votre argumentaire sur cet article n’est pas forcément accessible à tous dans sa compréhension, même si pour nous il est remarquablement écrit ?
        Ne sommes-nous pas une « élite » à commenter en quelque sorte ?
        Je m’interroge en même temps que j’écris.

        Sur mon blog, je me suis posé cette question quand certains commentaires de personnes que je connais et que j’apprécie étaient bourrés de fautes, presque écrit en sms. Il n’était pas question de fermer l’accès à qui que ce soit qui a envie d’écrire ou de participer, tout prétexte est bon, c’est l’objet du blog. Mais sur un jeu comme « à toi à mots », si on ne connaît pas un minimum les règles du langage c’est juste pas possible. Je lui ai expliqué. J’aurais voulu qu’elle profite du jeu pour s’améliorer. Mais il y a réellement aujourd’hui deux formes de langage. Et beaucoup (des gens très cultivés) se satisfont de plus en plus de ce que leur autorisent les sms et twitter.
        Pas loin d’un un combat donquichottesque au fond 🙂

        Peut-être je m’égare un peu… merci en tout cas pour le débat.

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  3. J’adhère à ton raisonnement mais avec un petit ajout… faudrait-il encore que « le peuple » ait envie de se cultiver…
    Et quand je regarde la génération SMS, cela ne me donne pas vraiment cette impression

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Elisabteh
      Justement! Pour moi cela correspond à une logique globale qui permet à ce système de perdurer. Manoeuvrer les gens dans le sens qui convient à certains, ça passe aussi par le maintien d’une forme d’ignorance, par ne leur dire que ce qu’ils veulent entendre etc; C’est bien là que le bât blesse. L’envie dont tu parles est correlée à tout le reste, éducation, niveau de vie, citoyenneté partagée, etc…il n’y a pas de la part de nos élites de volonté vraie de modifier cela, et le tout forme un cercle plus que vicieux ! …

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      • Oui, tu as raison mais de tout temps, les élites et les gouvernants ont maintenu leurs peuples dans l’ignorance… c’est bien plus facile de les manipuler à leur guise

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  4. Phédrienne dit :

    Une réponse pour Claire et Antonio
    Mon propos est très simplement d’attirer l’attention sur le fait que tout est interconnecté ; Le clivage que je souligne dans mon post irradie donc tous les domaines, économique, social, politique et religieux, et c’est sur ces fonds de fractures que continuent de s’assoir et s’accroissent même les inégalités ; On glose beaucoup sur la démocratie, la république, la liberté, les droits ! ; Mais j’ai l’impression moi que nous vivons toujours sous une forme d’ancien régime, où seuls les noms et titres ont changé ; pas le problème de fond qui reste l’accaparation de toutes les sphères d’expression et de pouvoir par quelques-uns. Et cela passe déjà et surtout par cette maîtrise langagière qui s’apprend ou non. Autrefois, les puissants et les doctes avaient le grec et le latin pour se distinguer de la masse. Et conserver par devers eux une certaine forme de savoir à la manière de Platon qui écrivait à deux niveaux, la philosophie ouverte (celle à laquelle nous avons accès) et l’ésotérique, perdue…

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    • Antonio dit :

      Complètement en phase avec vos arguments. Mais vous commencez par quoi si ce n’est dans l’éducation des générations futures ? Parce qu’aujourd’hui, autour de nous, peu de gens ont les moyens ou ont envie de comprendre au delà de leurs limites.
      Vaste débat, difficile à entretenir par écrit… Merci en tout cas.
      A bientôt !

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      • Phédrienne dit :

        Antonio
        C’est moi qui vous remercie de l’apport de votre réflexion; Oui, c’est précisément par là qu’il faudrait commencer; remettre de l’éducatif, de qualité pour que les choses se rejoignent au moins un peu; Un, rêve ? Mais sans rêve, où irions-nous ?

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    • Claire dit :

      Faudrait-il arrêter de passer de la musique classique dans les radios pour autant ?
      Il y a des sphères qui se rencontrent, se connaissent, se reconnaissent, ou pas… Je le vois bien et c’est assez naturel car qui se ressemble s’assemble. Oui il y a des clivages et oui il est nécessaire d’ouvrir les portes et les fenêtres quand c’est possible, de laisser l’air et les idées circuler même si cela créé des courant-d’airs et que ça décoiffe ! C’est d’ailleurs meilleur pour la tolérance et la démocratie, tu as raison.
      La diversité est une bonne chose. Il y a ceux qui vivent dans le présent, d’autres ont la tête dans l’avenir, il y a des « actifs » (des gens qui font), il y a des « créatifs », des « penseurs », des « chercheurs », il y a des « contemplatifs », les « comptables », les « communicants », et voilà qui permet à la société d’évoluer et de se transformer.
      Le langage est un outil pas facile à manier, il faut avoir envie de s’y intéresser, de s’y essayer. Toi tu es dans cette dynamique de l’expression et de la réflexion, d’autres non. Faut-il s’en plaindre ? Pas sûre. Lorsque je rencontre des personnes qui ont développé un talent particulier, un niveau de connaissances ou des compétences spécifiques, je trouve ça magnifique ! Cela rejoint d’ailleurs le propos de ma prochaine expo à Lyon (tu recevras bientôt l’invitation).
      Claire

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      • Phédrienne dit :

        Claire
        Je le répète, là n’était pas mon propos. Je voulais souligner le clivage très fort qui existe entre deux catégories de gens dont l’une a sur l’autre un pouvoir réel et qui passe par cette possession d’un langage élaboré, très construit, qui permet d’en jouer. C’est la dimension politique de ce langage élaboré que je soulève et ce à quoi il sert dans les faits.
        Merci pour ta lecture .et je suis curieuse de voir cette fameuse expo !

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  5. Phédrienne dit :

    Pour Elisabeth
    C’est sur ce « de tous temps » que je bute avec l’acharnement d’une chèvre essayant de pousser un roc du bout de ses cornes pointues ! 🙂

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  6. RvB dit :

    Bonjour Phédrienne,
    En phase pour l’essentiel avec ton article, je pense néanmoins que la tenue langagière affichée dans ces réunions à « Huis Clos » (comprendre, à faible visibilité pour le public), langage qui trouve effectivement sa naissance dans l’éducation, ou pas, tient principalement au fait que ce genre de rassemblement n’est pas le moment où se prennent les décisions.
    Je veux dire par là que ces auditions se déroulent à « thèmes connus », bien entendu préparés, et qu’il s’agit parfois moins de convaincre (d’autres politiques, voire le public) que d’afficher une tenue dans la réflexion. L’on y discourt donc de réelles problèmes, avec de vraies idées, mais avec une approche plus philosophique que pratique. L’intelligence s’y étale donc, souvent, ou parfois, mais ce n’est pas le plus souvent ce qui apparaîtra/transparaîtra lorsque ces mêmes idées devront être réellement débattues, décisions et lois à la clé, au jeu de la diplomatie et d’intérêts souvent divergents.
    Ce que j’entends, c’est que si la conceptualisation d’une idée peut être unifiante, ou laisse en tout cas éventuellement la bonne intelligence du débat s’exprimer jusqu’à son terme, avec toute la retenue nécessaire à un tel exercice, il en va autrement lorsqu’il s’agit de donner à ces mêmes idées une extension pratique, où les couleurs politiques provoquent alors une distension, voire une distanciation, quelque fois énorme vis à vis de la théorisation de cette même idée et conduise aux shows affligeants dont on nous rabat les oreilles durant les informations !
    De là une couleur du langage altérée, je crois.
    Ce n’était pas ton propos, tu le dis d’ailleurs : « Là, et quelle que soit par ailleurs la sincérité ou le but avéré des différents interlocuteurs sur lesquels je ne me prononcerais pas » ; et comme je n’ai pas vu ces auditions, je suis peut-être à côté de la plaque, mais je relis une nouvelle fois ton article et la référence à Platon et ses deux nivaux d’écriture m’indique que peut-être pas.
    Je suis néanmoins très en accord avec ta position, d’une élite sous forme d’ancien régime qui n’a changé au fil des siècles que de nom, et à la tête d’une oligarchie finalement qui s’accentue effectivement à la rupture de ces deux mondes que tu décris.

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    • Phédrienne dit :

      Bonjour Hervé
      Je m’aperçois avec horreur que j’ai oublié de poster ma réponse à ton commentaire ; Toutes mes excuses au préalable et mes remerciements ensuite pour ta contribution généreuse ! Je trouve au contraire ton analyse très juste et pertinente ; On ne peut dissocier le langage de sa finalité et confondre dans un seul tenant philosophie et discours de propagande. On ne doit pas non plus se laisser illusionner par des jeux rhétoriques qui répondent à une mécanique huilée et circonstanciée. Néanmoins, les raccourcis qui sont ensuite servis à la majorité des gens, et par lesquels on leur demande de valider peu ou prou des décisions et partant, de s’y plier, sont tellement réducteurs et manipulateurs que je les trouve effrayants dans leurs conséquences. Pire, le fossé qui se creuse entre les doctes qui se comprennent entre eux et les autres, est un gros facteur d’inégalités qui se répercutent ensuite par ricochet à tous les échelons. Je crois assez à la théorie qui suppose que la pensée s’élabore en même temps que le langage, ce qui ne veut pas dire parler en respectant un décorum, mais avoir assez de mots pour appréhender un maximum de concepts et de choses, comme un artisan garnira sa sacoche d’un maximum d’outils pour donner libre cours à ses projets. C’est selon moi un outil essentiel de la liberté, où le faire ne peut guère se dissocier du penser…

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      • RvB dit :

        Complètement en phase avec tes arguments Colette !
        Le problème remonte hélas aux calendes grecques, c’est le cas de le dire, puisqu’ils furent les premiers, je crois, à instaurer ces manipulations de masse et de laisser la population dans l’ignorance afin de favoriser leur manipulation.
        Mais nous sommes d’accord, ce n’est pas pour autant qu’il ne faille pas trouver cela dramatiquement scandaleux, douloureux, et révoltant.

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  7. Très beau article; je suis d’accord avec toi et ta position.
    Bisous.

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  8. Phédrienne dit :

    Bonjour Hrevé
    OUi, et nous avons un exemple parfait de cela avec la rhétorique guerrière qu’on nous sert depuis quelque jours, hélas!
    Amitiés

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