Corset

1964

Un peu de chair blanche pliée

Dans les arceaux de dentelle

Et quelques rubans noirs liés

Retiens ton souffle, demoiselle

Et ta silhouette gainée

Et tes douces épaules de neige

.

Moi, j’ai cassé mon corset

Et sa guipure et ses baleines

Pour un petit vent mauvais

Et ses idées de noire laine

Révolte des sens, de la pensée

Que rien ne retient, ne musèle

.

Dans mes jupons de soie plissée

Pieds nus, rieuse, échevelée

Je prends la douceur des pensées

Qu’aucun ruban ne tient serrées

Et  le cours libre des risées

Soufflant au mat des libertés…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Corset

  1. rechab dit :

    Parcourir la salle du bal
    Comme pour la parade,
    C’est mascarade…
    Il faut paraître pâle,
    Sous la perruque poudrée,
    Et portant crinoline,
    La taille fine,
    Et faire simagrées…

    Si tu as peine à respirer,
    Et courir à perdre haleine,
    C’est sous les baleines,
    Que çà pourrait empirer,
    Aussi les petits pas,
    Aux pieds bandés,
    Sont recommandés,
    Pour ce menuet là.

    Comment laisses tu tes idées,
    De noire laine entrevoir
    Une démarche guindée
    Dans ces hauts miroirs ?
    Et laisser les soupirs,
    S’échapper aux vents d’une liberté,
    Dont tu connais la vanité,
    Au bal des vampires.

    Les robes de soieries,
    Sont de sortie…
    Elles sont du meilleur effet,
    On ne voit qu’elles dans les reflets.
    Un peu de chair blanche
    Quand tu te penches,
    Mais point de visage
    Au-dessus du corsage.

    Un quatuor de musiciens,
    Baille en égrenant,
    De vieux airs dansants…
    Des messieurs en pourpoint,
    Assez bedonnants,
    Sous leurs perruques, suent,
    Dès qu’ils remuent,
    Sur le parquet luisant.

    A la prochaine danse,
    Si tu dénoues les lacets,
    De ton corset,
    Tu les verras qui s’élancent,
    Le pas mal assuré,
    Malgré leur embonpoint,
    Pour faire le baise-main,
    Et se rapprocher du sol ciré.

    Ces dames aux corps gainés,
    Que le maintien musèle,
    Réclameraient des sels,
    Pour leur être malmené…
    Il faudrait être fluette..
    Ou bien laisser aux hommes,
    La caresse d’un fantôme,
    Animant un squelette.

    Car sous l’épaisse couche de fard,
    Censé cacher les rides,
    Il n’y a qu’un visage vide,
    Et même pas de regard .
    Le bal est mécanique,
    Les ressorts lentement se détendent,
    Et les mains pendent..
    Silhouettes chimériques…

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  2. Phédrienne dit :

    A livrer tel que aux lecteurs attentifs 🙂

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