Décor…

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Je remets ici cette image irréelle qui accompagne certains de mes matins, et certains de mes soirs ; avec ces couleurs incroyables que la nature distribue parfois même en ville, y compris dans les coins les plus moches, les plus dénués d’âme. Il n’y a pas beaucoup de monde qui admire les couchers de soleil sur les villes, comme s’il y fallait un lac, une forêt, cet Eldorado que nous cherchons tant au-dessus de la ligne de fuite d’immeubles laids.

Du haut de mon perchoir d’hirondelle (je ne peux guère prétendre à l’aire de l’aigle dont je n’ai ni la carrure, ni la vue !), je regarde souvent, silencieuse, à quoi ressemble la vie en bas. On ne le sait pas, mais la démarche même trahit tellement l’humeur des gens ! On croit avoir affaire à une foule qui piétine de la même façon, mais c’est faux ! Ici, ça trottine avec le pas affairé et rapide d’une souris, là, ça pose un pas plus lourd, balancé, le poids du corps portant alternativement et de façon franche sur un pied, puis sur l’autre, un pas d’éléphant ! Ailleurs, ça se tortille et ça minaude de l’arrière train, déhanchement exagéré, le sac porté haut sur un bras plié, le portable collé à la main, le tout sur des talons incontrôlables. Et parfois, fendant tout cela, un pas plus altier, un port élégant, un regard qui porte haut, parce que tout de même, ce qui me frappe souvent, c’est ce regard rasant, comme avachi, ce regard qui n’ose pas…assez fréquent ici…

De là haut, les voix sont perceptibles, mais pas toutes ; j’aime mieux cela, ça permet de s’inventer des histoires et d’éviter ce gros désappointement quand, sortant d’une jolie silhouette, une voix épaisse et trainarde écorche quelques mots, rompant ainsi le charme de l’inconnu…C’est fou ce qu’une rue raconte, et qui n’est pas plus vrai qu’un conte de ma mère l’oie, mais cela ne fait rien…! Bruissante, imposant ses agglomérats de béton avec leurs absurdes couleurs imposées (ici, immeubles beiges, ou gris, censés se fondre de façon « naturelle » ! Naturelle ! Comme si la nature était incolore, quelle sottise ! C’est pour cela que j’aime tant les levers et les couchers du soleil sur la ville ! Parce que le soleil, lui, il se fout bien de tout cela et distribue ses immenses  flaques de lumière généreusement : splatch ! Et tout prend une autre allure, révélant que rien n‘est comme on le croit !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Décor…

  1. RvB dit :

    Miam, une ville acidulée de la sorte, moi aussi je croquerais dedans à pleine dents !

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  2. Phédrienne dit :

    Entre gourmands, on se comprend 🙂 !

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