La nuit

 

J’ai regardé la nuit couler comme une eau majestueuse

Elle et moi tu sais, nous sommes liées

Dans son berceau de suie et d’or pailleté, je me repose

Dans son manteau d’ébène, je demeure cachée

Je suis la première levée pour la retenir encore

Lorsque mon cœur bataille avec mes idées

Et que le sommeil flotte sur d’autres toits plus loin

Alors qu’ici, elle et moi sommes en veille

Deux camarades accoudées au grand vide de la fenêtre

Deux complices auxquelles le monde appartient

Je suis le chat qui marche à bouts de patte feutrés

Courant sur les toits rectilignes

Cherchant la lune de son gros œil inquiet

Et elle, tranquille, fière, assurée et dispose

Elle rit simplement de mes métamorphoses

Quand le matin sera par ma fenêtre enclos

Elle partira boudeuse sans même me dire un mot

Et dans le ciel laiteux son beau regard de khôl

Baissera ses paupières comme on ferme un rideau …

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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