Le monde selon moi, l’égalité n’est pas pour demain, …petite philosophie (souriante) dans le boudoir, acte LXXII

Dans le petit carré de ma télévision où je guettais d’un quart d’œil et d’une demi-oreille quelques menues nouvelles de la planète, un gros flash de publicité est entré sans crier gare : 3 femmes jeunes, plutôt jolies et parfaitement inexpressives (on appelle ça, je crois, des visages de poupées), sirotant la mine gourmande des produits censés préparer leur ligne à leurs futurs maillots de bain ; on appelle ça un marronnier, vous savez, les sujets récurrents qui reviennent à point nommé comme les rennes du père Noël ou la Saint Valentin. Le printemps arrive et donc la presse dans son ensemble crie haro sur le bourrelet, le pli et le ventripotent, à grand renfort de femmes maigrelettes, formes cintrées sur vêtements vides, etc.

Moi qui ait l’esprit facétieux, voire factieux, je me suis amusée à récapituler dans ma tête le nombre de bonhommes replets, inélégants et disgracieux que je rencontre chaque jour sur ma route (sans compter la façon de se tenir, de marcher en cow-boys, ventre en avant, de s’avachir jambes écartées sur les sièges de métro en prenant toute la place, pendant que nous les femmes, nous serions tenues de serrer pudiquement nos genoux, de renifler grossièrement, de se curer les dents, etc.), et j’ai imaginé dans ma tête un petit spot bien senti sur les préconisations à leur faire : rangée de bedonnants en shorts pédalant avec acharnement en vidant leurs jolies petites bouteilles d’eau minérale, ou essayant en tirant la langue de faire entrer un gros fessier disgracieux dans le caleçon moulant et sexy qui pourrait faire fantasmer leurs femmes ! Focus sur les poils disgracieux, l’haleine peu fraîche, ou le cheveu rare qui ne font pas que de séduisants quinquagénaires ! Quel régal cela serait de voir enfin cela après des décennies de spots dévalorisants et stupides destinés unanimement à formater l’esprit féminin selon des stéréotypes surannés (en ce moment, c’est le salon de la voiture à Genève et comme d’habitude, les carrosseries des voitures se juxtaposent aux « carrosseries » de quelques potiches languissantes payées pour cela).

Un peu plus tard, je me suis entretenue avec une jeune et brillantissime étudiante ayant le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de conjuguer esprit bien fait et physique avenant et qui me confiait avec horripilation que ses bonnes notes et l’œil bienveillant de ses professeurs étaient largement méjugés par ses pairs, lesquels soupçonnaient une forme de promotion canapé parfaitement odieuse et dégoûtante : aurait-on l’idée de reprocher à un homme qui réussit son physique agréable en mettant en doute ses qualités réelles ? Non ! Pour une femme, tous domaines confondus, cela reste  la norme ! Par ailleurs, les médias se font l’écho en ce moment des chiffres scandaleux concernant les violences faites aux femmes : 1 femme sur trois en France est victime de violences, une sur 4 de harcèlement sexuel ! Combien parmi les femmes que je connais, combien parmi les hommes que je fréquente ?  Quel homme accepterait qu’on lui mette la main aux fesses, qu’on fixe ses parties intimes avec un œil salace ou qu’on lui demande crûment s’il est un bon partenaire (pour rester courtoise !) ?  Qu’on se retourne sur lui en sifflant ou au contraire en soulignant à haute voix et de façon grossière ses défauts éventuels ? C’est le quotidien pour beaucoup de femmes…

Je pourrais multiplier sans fin les exemples et cela serait aussi accablant qu’inutile ! Je ne suis par ailleurs ni féministe ni suffragette, mais juste exaspérée de voir ce monde à deux vitesses : celui, vertigineux, de la science et des progrès, des bonds en avant technologiques, des formidables révolutions que tout cela opère. Et l’autre, obsolète et navrant, traînant ses relents de machisme lourdingue,  de préjugés et de violence, là où tout le monde pourrait avancer dans sa différence et sa singularité. Avec heureusement, et pour finir dans l’équilibre et la justesse, les beaux exemples que je connais d’hommes éduqués, parfaitement respectueux d’eux-mêmes et de leurs proches et que je salue moi aussi avec respect !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Le boudoir philosophique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Le monde selon moi, l’égalité n’est pas pour demain, …petite philosophie (souriante) dans le boudoir, acte LXXII

  1. A-t-elle jamais existée ? Depuis des millénaires, exceptées les sociétés matriarcales, la femme a toujours été inférieure à l’homme… la faute à Eve, si mal interprétée 😀
    Pourtant, les féministes sont passées par là (avec quelques dégâts en prime) et la perte des repères qui s’en est suivie.
    Nous ne serons jamais pareils, nous sommes différents mais pour nous enrichir mutuellement, pas pour nous combattre…

    J'aime

    • Phédrienne dit :

      Bonjour Elisabeth
      Je suis d’accord avec ce postulat mais je dois dire qu’il ne me suffit pas ; peut-être parce que j’ai si souvent été victime moi-même de ces traitements et que je suis maman d’une jeune fille. Surtout, parce que je sais que l’attentisme en l’occurrence ne peut pas faire bouger les rangs. Je n’aime pas certains aspects du combat des féministes parce qu’elles se sont davantage instruites contre les hommes que construites pour elles-mêmes, un peu comme des enfants qui ne sauraient que prendre le contrepied de leurs parents sans comprendre qu’ainsi ils ne sortent pas de ce rapport de sujétion ; Je pense néanmoins que ce combat-là est nécessaire car cette situation s’accompagne de trop de violences réelles pour les femmes et que cela ne date pas d’hier justement. Mais là encore il ne s’agit pas d’aller dans des extrêmes ni de mettre tous les hommes dans un vilain sac !
      Merci à toi.

      J'aime

      • Je me suis peut-être mal exprimée, Colette, dans mon désir de voir la société s’apaiser et évoluer car je crois que c’est possible. Et je compte bien y prendre ma part car rien ne se fera tout seul et j’aime à ruer dans les brancards 😀 Bien sûr sans le combat féministes, nous ne serions jamais là, libres, malgré tout mais, comme tu dis, elles sont souvent dans le « contre », alors que j’aspire à être « avec ».
        J’ai aussi subi le monde de machos, quinze années de la vielle presse quotidienne, ça use 😀
        Certains hommes, auxquels tu rend hommage existent, alors, continuons nos revendications justes mais sans les extrêmes…
        Avec un peu de retard, je te souhaite une belle Fête et t’embrasse, tu es une femme précieuse.

        J'aime

  2. Phédrienne dit :

    Bonjour Elisabeth
    Je te remercie beaucoup pour ton apport et cette phrase si gracieuse à mon égard. Je te rejoins totalement sur cet aspect positif d’un combat à mener avec détermination mais sans hargne !
    Merci beaucoup Elisabeth

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s