Don juan

 

J’avançais confiante et candide

Le minois de mes quinze ans

Mes grands yeux de myope invincible

Et toutes les faims de mes printemps

Princes de papier chamarrés

Reliures de cuir velouté

C’étaient mes amants couturés

De phrases et de rimes

Poètes, que vos lyres ont bercé

Mon ventre creux et mes idées

Quand le matin levait mes pas

Sur les pavés emmaillotés de spleen !

Ca me faisait pleurer de tout

Sur un mur fleuri de glycines

A l’heure où il n’y a que les fous

Qui sont encore un peu debout

Et quand l’humain me désespère

Et que de grandes pensées amères

Me font douter de tout un peu

Je pense à mes frères de papier

A mes amours illuminées

A ta main qui sait les chasser

Et me rendre ma chair et mon sang

Et je souris à la moisson

De mots sans sens ni raison

Qui parfois grimpe à mon plafond

Juste pour nos plaisirs…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Don juan

  1. « et toutes les faimes de mes printemps », on peût dire plus… Magnifique!
    Bisoussss.

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  2. RvB dit :

    Qu’ils grimpent, mais qu’ils grimpent donc, j’en redemande !

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