Stopper le train…petite philosophie dans le boudoir acte LXXIII

Il m‘arrive souvent de descendre de ma petite locomotive personnelle, lancée à pleine vapeur sur un rail qui parfois, boucle sur lui-même et me ramène près de mon point de départ. Du coup, je me regarde et je regarde les autres continuer de faire ce que je les vois (me vois) toujours faire. L’écriture et la photo ont aussi leurs saisons qui voient revenir les mêmes cycles de concours, de production,  essaimant comme des bouquets un peu partout. C’est joli, et à chaque fois les mêmes gens applaudissent les mêmes œuvres…pourquoi pas ? Mais ces obssessions et redondances purgatives aboutissent tôt ou tard à l’usure de l’esprit et de l’oeil, à ce contentement las qu’on éprouve en retrouvant une chère vieille maison aimée, mais dont on connaît les moindres recoins !

J’ai une peur bleue, je l’avoue, de ces répétitions auxquelles je n’échappe pas moi-même, prisonnière comme tout un chacun de tendances irréfléchies, de pulsions, et des pièges de la facilité ( tu sais si bien photographier les fleurs, tu as le matériel pour cela !). Je n’ai jamais aimé appeler à heures fixes, manger à heures fixes et vous compléterez la liste vous-mêmes ! Alors, voyant ces thèmes récurrents se répéter et me voyant moi-même broder souvent à l’infini sur les mêmes sujets, à en crever d’ennui, j’ai souvent le besoin de m’empoigner par le col et de me secouer vigoureusement pour me débarrasser (un peu) de la poussière. Et sans aller plus loin, aller au moins quelque part, créer au moins quelque chose qui me ressemble et puisse ne ressembler à rien d’autre ( est-ce utile ? Sûrement pas, mais c’est motivant :)) !

Dans ces cas, je pose tout et je pars marcher. Je vais regarder ailleurs, mettre mon nez là où il ne s’attend pas à être mis. Et parfois même, je ne fais rien du tout ! Imitant l’immobilité statufiée du chat (encore qu’avec beaucoup moins de grâce) et m’autorisant à rester un bon moment sur le quai, pendant que ma machine souffle, crachote ou siffle sans que j’y prête attention. C’est dans ces moments là que, cessant enfin de me prendre trop au sérieux, je vagabonde et m’amuse de tout, et partant, de moi-même et de cette façon passionnelle et exagérée que j’ai de vivre tout ! De considérer ma pratique  comme un truc sacré, une mission ! Ca fait un bien incommensurable et du coup, quelquefois, au lieu de remonter dans ma machine, je prends un chemin de traverse plus fantaisiste et moins convenu. Ca ne me rendra pas si différente au final, mais au moins aurai-je l’impression, d’avoir fait esprit neuf !

Et vous ?

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Stopper le train…petite philosophie dans le boudoir acte LXXIII

  1. Antonio dit :

    Qui moi ?
    Je rêve ou un chat sur ce quai vient de me parler ?
    Ca fait je sais pas combien de temps que j’erre dans ma gare et je n’ai toujours pas compris sur quelle voie voie partait le prochain train.
    Mon problème c’est que je cherche sur l’écran de mon contrôle le nom d’une destination… alors que…

    Je rêve où ce train sur ce qui vient de me faire de l’oeil ? 😉

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  2. C’est excellent, j’adore, surtout la posture du chat 😀 Avec de la grâce, tout de même, bien que la leur soit inégalable. Personnellement, je prends mon vélo et au lieux de pédaler, à vide, dans ma tête, je monte les côtes

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