Dépoussiérage

Ce qui me frappe souvent chez l’être humain, si adaptable par ailleurs, c’est son incapacité tangible à changer et à prendre acte de ce qui peut déranger l’autre. Je me mets bien sûr dans ce même panier, à la réserve près que même en prenant du temps, je fais souvent ce souverain effort qui permet de briser le cercle des habitudes et au–delà, de ne pas inscrire ses relations à autrui dans un cercle pérenne de malentendus et de redites. D’accorder à l’autre l’attention ou le temps qu’il réclame. Mais la plupart du temps, et même en ayant pris le soin de dire les choses (j’ai choisi le parti systématique de la franchise, des mots ouverts,  car je déteste ces ratiocinations douteuses proférées dans le dos d’autrui, que l’on n‘ose affronter, et en sachant néanmoins que mes ressentis ne sont pas une vérité indiscutable), il est rarissime que j’obtienne la même écoute et partant, la même réponse. Faut-il m’en offusquer ? Non,  car changer est un risque majeur qui bouscule vos fondements et souvent, d’un changement qui paraît infime, découle un vrai bouleversement. Puis il y a le droit fondamental de chacun à être ce qu’il est, même au prix de votre dérangement, ce qui complique singulièrement la donne !. J’ai donc opté pour le non franc et massif, lequel ne consiste pas à crier ni à vitupérer, mais véritablement à cela : refuser, ne pas céder systématiquement, ne pas aller là où on n’avait pas l’intention d’aller, ne pas subir, ne pas faire ce qu’on voudrait vous obliger à faire en comptant sur votre gentillesse, votre timidité ou quoi que ce soit d’autre et prendre le risque de l’incompréhension et du jugement.

Ainsi, c’est non seulement ma propre vie que je dépoussière, mais mes rapports aux autres, lesquels s’inscrivent alors dans une forme de véracité qui m ‘est chère ; je n’ai nul besoin d’une mythologie des mots, mais d’actes concrets signant ce qui fonde pour moi un vrai rapport : l’écoute, l’adaptation, l‘effort sans renoncement. Sans rigidité, mais avec exigence, et du coup, j’ai l’impression d’habiter une petite sphère où circule un air frais et plus neuf !

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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