Chute

4153

 

 

Je suis tombée de mon lit ce matin

Accrochée nue à mes draps de satin

Sur mon parquet patiné de malices

Où la lune asseyait son ellipse

J’avais laissé au fourreau tout mon cœur

Comme une épée sans tranchant ni labeur

Et délestée de ce fardeau ardent

Je restais là, à mon corps défendant

Mais les mots échappés de ma plume

Bien que doux, sans colère ni enclume

Manquaient fort de braises, de ce feu agrégeant

Dans leur tourbillonnante et juvénile ardeur

Le volcan implosif, l’amour puissant

Qui font rejaillir, en été, les fleurs…

 

J’ai pris dans le ciel un coin de croissant

Le bras d’une étoile, un rayon brûlant

Quelques gouttes de lait, l’aube naissant

Et ce joli encas revigorant

A insolé mon corps impertinent

Renaissant de mes folles chimères

Ma gaieté qui était passagère

S’est assise ,mutine et légère

A lavé mes paupières amères

Et le jour s’est levé sans mystères

Et tout soudain mon cœur en un seul élan

A sauté dans ma poitrine, hardiment

Rythmant de son horloge, mes penchants

De sa musique belle, mes mots naissants !

Publicités

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Chute

  1. TK.Kim dit :

    J’aime beaucoup beaucoup ce poème…. Quelle belle chute…

    J'aime

  2. Phédrienne dit :

    Pour TK.kim
    A vous aussi, excellente journée!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s