Pourquoi j’aime la procrastination…petite philosophie dans le boudoir, acte LXXVIV

En ce moment, exactement à cette seconde, je devrais être en train de relire et de corriger du travail. Ma conscience me le dit et mon porte-monnaie aussi : travaille, mais travaille donc ! Et forte de l’engagement professionnel qui est le mien, je vais évidemment me mettre à la tâche. Sous peu.

Parce qu’avant et ne même temps que j’écris ici, je goûte le ciel par la fenêtre ; il est un peu laiteux, hésitant, avec quelques halos de lumière pâle qui s’essaient à filtrer joliment au travers de petits coussinets dodus d’un gris soutenu. Le tout dessine un tableau complexe, qui transforme le paysage citadin  que je vois depuis mon perchoir et fait que je n’ai jamais tout à fait le même panorama .Pour moi qui déteste les choses immuables, cela va bien !

Ensuite, il y a le petit appel du café, que je vais faire languir. En laissant juste la tentation de ce nectar s’infiltrer doucement dans mon cerveau, et mon petit nez en imaginer l’odeur ; ce sera pour plus tard ; ou pas. Là encore, je n’ai pas de rituel, c’est quand je veux si je veux et donc, remettre à plus tard devient non pas une paresse, mais un plaisir assez subtil ; vous me suivez ?

Nous vivons dans une société qui nous oblige souvent à être d’un côté ou de l’autre. Moi, j’aime les entredeux, les chemins de traverse, les écoles buissonnières et les rebrousse-poil ! C’est comme ça ! Du coup, ne pas céder aux sirènes de l’efficacité forcenée, de la mauvaise conscience qui s’invite si facilement dès qu’on s’autorise à déroger à ce qu’on s’est infligé soi-même, est une douceur ! Nous sommes d’ailleurs deux à procrastiner gentiment sous mon toit : moi et mon pigeon de cheminée, lequel ordinairement est déjà occupé à cette heure à faire son marché. Là, je l’entends qui roucoule avec apaisement et se prélasse et cela me fait sourire. Si je revends un jour cet ilot flottant qu’est mon logis je ne manquerais pas de le citer : à vendre, toit de fortune avec vue sur l’infini et pigeon dans la cheminée.

En attendant, je vais m’étirer lentement et quand le rayon de soleil qui joue avec mes rideaux arrivera juste sur le manuscrit de mon prochain livre, c’est promis, je m’y mets !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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11 commentaires pour Pourquoi j’aime la procrastination…petite philosophie dans le boudoir, acte LXXVIV

  1. Antonio dit :

    exquis…

    Procrastination. Je me demande bien qui a inventé ce mot qui racle au fond de la gorge cette mauvaise conscience sur laquelle il vient s’achopper.
    Un contremaître sans doute…

    Alors qu’il devrait être aussi léger qu’un souffle à l’oreille… Ô travail, suspend ton vol, deux hirondelles passent ! 🙂

    Aimé par 2 personnes

    • Phédrienne dit :

      Bonjour Antonio
      Merci, je vois que, comme souvent, nous nous comprenons ! Et vous accorde volontiers la laideur de ce mot !!!
      J’en profite, cher Antonio, pour vous demander quand donc votre café rouvrira ses portes ?J’Irais bien y prendre un rafraichissment, moi 🙂 !

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      • Antonio dit :

        Mais les portes sont ouvertes, les mots se cachent… et s’ils ne daignent vous répondre, servez-vous ! 🙂

        J’y reviendrai bientôt dès que j’aurais décroché mon costume du cadre que je suis (jusqu’à cet été).

        Aimé par 1 personne

  2. J’adore la douceur de ton texte… cela s’appelle VIVIRE

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  3. Vivre, bien sûr 🙂

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  4. Phédrienne dit :

    Bonjour Elisabeth
    Il me semble souvent que c’est ce dont manque ce monde, parce que la douceur, ce n’est pas mièvre ,non, c’est très puissant!
    Merci beaucoup !

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  5. Vraiment ce mot est laid, au contraire de tes paroles puissantes, capables de décrire perfaitement n’importe quelle sensation même procrastination!!!
    Gros, énorme bisou.

    Aimé par 1 personne

  6. Phédrienne dit :

    Pour Antonio
    Mais c’est bien trop long ! Et avec la chaleur qui ne manquera pas d’arriver, il va devenir inconfortable, ce costume ! 🙂

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  7. Voici une lecture qui me déculpabilise un peu. Oui, car j’écoute, je regarde, je pense, j’écris, je savoure, je rêve… en somme je me prépare peu à peu pour m’y mettre moi aussi !

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