Anti virus

1er mai et du côté de la Bastille, des batteurs de  pavé qui scandent des slogans et agitent des drapeaux. Des factions aux idéologies diverses au service d’une tradition. De mai, je n’aime que le muguet et son odeur gaie et pimpante. Pour ma part, jamais je ne fêterais le travail sous quelque bannière que ce soit ! Ma révolution, je l’accomplis par ailleurs tous les jours en poursuivant avec obstination un chemin différent ; cependant, je  me suis aperçue il y a peu, que je m’étais largement laissé contaminer par la morosité ambiante et son cortège de détachement de tout. Pire encore, que je finissais par sombrer dans une dichotomie irrésoluble entre l’amour que j’ai pour ma langue et le désamour total que je commençais à vouer à mon pays : valeurs bafouées, culture en baisse,  population au comportement imbécile et soumis, j’ai de plus en plus de mal à retrouver l’enchantement qui fut mien au regard des racines de ma culture et j’ai même pensé à m’expatrier très loin. Ce qui au demeurant n’est pas un crime !

Mais c’était oublier que chacun de nous à sa façon est porteur des valeurs qu’il souhaite pour lui-même et autrui. C’était renoncer à se battre, à faire vivre, à faire acte de résistance. C’était oublier qu’on peut aimer son pays et être citoyen du monde, avoir envie de faire prospérer son jardin sans  empoisonner ou renier celui du voisin. Honnêtement, j’en ai assez des râleurs, j’en ai assez de voir mon pays caricaturé et conspué par ceux-là même qui y habitent et ne feraient pas l’effort de s’investir ailleurs ou de remettre en cause quoi que ce soit, qui se résignent !    J’en ai assez d’avoir honte de ce qui s’y fait sans essayer d’apporter mieux ma petite goutte d’eau à un fleuve qui coule encore : celui des gens qui tentent vaille que vaille de faire avancer ce bateau dans la grande flottille universelle. Celui des créatifs, des courageux, des philanthropes et des Don Quichotte ! Il en faut, mais oui, il en faut !

Si on se retourne un instant sur l’histoire du monde, elle s’éclaire des mille pas et efforts faits par des entêtés qui ont défendu leurs convictions ; je suis une entêtée ! Je crois à la valeur de l’intelligence, à l’évolution, aux apprentissages ! Je crois à la lutte. Et je crois à ce jardin dont la croissance est parfois indécise, le fleurissement lent, je crois qu’il a besoin d’être aimé. C’est peut-être réactionnaire et imbécile, mais j’assume ! Et c’est à ce refus de crier haro sur le baudet que je lève, consciemment, mon petit brin de muguet !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Anti virus

  1. Antonio dit :

    Je vais m’empresser d’accrocher ce brin de révolte au dessus de ma porte … C’est toujours un bonheur de vous lire…

    Tenez bon, on arrive ! -)

    Aimé par 1 personne

  2. Le muguet ? son parfum, sa délicatesse et sa fragilité. Oui, il pourfend le froid ambiant et les piétinements chaque année pour s’élever, sans claironner. C’est un beau symbole de résistance.
    Belle journée à toi !
    Claire

    J'aime

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