Faut-il parler des maux du corps ? …petite philosophie dans le boudoir, acte LXXVIII

Tout parti pris présente des angles discutables. Celui que j’ai adopté et qui est de faire de tout aléa une forme d’enseignement, un appel à la réflexion, n’a donc pas d’autre prétention qu’un vrai partage.

Ayant souffert depuis trois ans de nombreux problèmes qui ont affecté ma vue, et donc interféré amplement avec mon travail, j’ai eu tout le loisir de faire cette jonction corps et esprit qui est devenue si difficile aujourd’hui. De m’interroger aussi sur le diktat moderne qui refuse autant le vieillissement que la maladie.  Comme si elles étaient des fins  et non des étapes d’un voyage au long cours qui ne suit pas forcément des routes tranquilles.

Je rentre aujourd’hui d’une sixième opération que j’ai partagée aux côtés d’une dame exquise ; une jolie mamie au doux nom de Marie, ancienne institutrice de son état et dont la grâce sereine m’a conquise. Il n’y a pas de plus grande intimité que ces nuits partagées sur des lits d’inquiétude et où la tendresse et le soin échangés sont de vrais tuteurs bienvenus !  Avec Marie, une fois ces petits mots sur nos maux livrés sans tabous, nous avons devisé longuement sur l’éducation et l’opéra que nous aimons toutes deux. Avec sa sagesse simple et si complète, Marie m’a confié que pour elle l’avenir est dans les mains des femmes, de quelque horizon qu’elles viennent : ce sont elles qui transmettent et qui sont les vecteurs d’un savoir transversal  lié à leur fonction maternante.

Qu’elle ait raison ou tort sur ce point, Marie m’a rappelé qu’on a le droit d’avoir peur, de s’angoisser, le droit de râler quand on  a mal, quoi que cette époque du paraître nous impose (souffrir avec grâce, cacher ses rides et ses cheveux blancs, taire nos petits bobos physiques et mentaux), dès lors que l’on sait en sortir pour rejoindre l’autre sur un chemin commun : celui de la confiance et de l’aide.

Elle m’a confortée aussi dans la conviction que l’on peut et doit écrire et parler de tout sans entrave ni préjugés : tout ce que l’un expérimente et transmet avec franchise, l’autre peut alors le faire sien et le transformer…

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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