Partager a-t’il encore un sens ? …petite philosophie dans le boudoir, acte LXXIX

Lorsque j’ai ouvert cet espace d’écriture, ce n’était pas seulement pour proposer un savoir–faire professionnel et une offre de services un peu décalée. C’était surtout pour m’insérer dans un courant fort de partage d’idées et de créations. Proposer aussi une signature propre (textes et photographies) et inviter à regarder différemment, hors des chemins déjà balisés par la critique et le consensus public (sans prétention de génie ou de qualité extraordinaire, juste celle  de faire acte d’orginalité et de s’assumer).

J’ai toujours cru qu’on pouvait décloisonner, instruire un flux permanent et doux de courant  de pensées alternatives, « dé claniser » un monde très étiqueté, contribuer à proposer des sentes buissonnières loin du prêt à penser et à honnir. Et partant, ne pas rester prisonnier soi-même d’une naissance, d’un milieu, d’un mode éducatif, s’ouvrir largement aux influences diverses, à la curiosité. Bref,  ce qui m’intéressait, c’était une notion de partage pouvant outrepasser  le simple déversement de mots, de principes, le déballage narcissique permettant d’exister sur un mode virtuel, le ressassement de thèmes et de sujets  usés jusqu’à la corde. J’avoue que je doute aujourd’hui fortement d’avoir réussi ce pari majeur ! Et qu’il ait même un intérêt.

Ecrire avec des mots ou avec la lumière pour tracer un langage polymorphe, n’a de sens pour moi que s’il fait résonnance, et non pas si cela existe comme une voix perdue au milieu d’une tour de Babel où chacun s’égosille pour se faire entendre ; un peu à la manière du speed dating professionnel auquel j’ai participé récemment et où il importait davantage aux gens de se faire entendre que d’écouter eux-mêmes.  L’habitude de ne plus ou de moins lire, le zapping intellectuel qui incite à sauter d’idée en idée à la vitesse d’un clic de souris, la surabondance de tout, mais d’un tout où le fond n’a plus guère d’importance, me questionnent, sans m’effrayer pour autant !  Cependant, même la petite chèvre entêtée que je suis s’interroge beaucoup en ce moment sur la pertinence de tout cela. Reste le plaisir  de faire et la passion, lesquelles sont le pont levis  sur lequel le passage d’un monde à un autre reste toujours possible  et présent.   C’est, ou non, le plus important…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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8 commentaires pour Partager a-t’il encore un sens ? …petite philosophie dans le boudoir, acte LXXIX

  1. Antonio dit :

    La question est posée.

    Mais peut-être faut-il préciser sur Internet. Car ce monde virtuel défile à cent à l’heure et l’internaute, lui, ne se semble jamais se poser. Il passe, repasse, mais ne s’installe pas vraiment, comme on pourrait le faire à une terrasse de café.
    Généralement il balance, son tweet, son post, et revient voir s’il a fait des émules. Il poste comme on plante une graine et revient voir si elle a poussé. Sinon, le plus souvent il butine le billet comme une fleur en laissant un « j’aime » quelque part en guise de remerciement.

    Tout est fait de bonnes intentions, d’échanges, mais le fait de pouvoir s’en aller en un clic ne permet pas de partager pleinement à mon sens. C’est une interprétation très personnelle et spontanée.

    Si vous êtes à une table dans un café et que vous partager, vous ne pouvez pas vous échapper. Quoi que. Avec les portables désormais, chacun a un oeil sur l’extérieur et gâche au final l’instant puisque qu’il n’y est pas consacré totalement.

    C’est une réflexion que je me suis faite, notamment avec mon blog qui se voudrait participatif et qui m’a mis devant l’évidence que ce ne sera pas possible comme je l’entendais initialement.

    Alors, peut-être un vrai café, avec des vrais gens, pour partager pour de vrai et le blog pour prolonger l’instant.

    Voyez là, je poste et hop… je m’en vais ! 🙂

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    • Phédrienne dit :

      Je vous aime bien, Antonio. Parce que vous prenez toujours le temps de répondre posément avec ce petit grain de sourire qui vous caractérise. Et je vous rejoins totalement sur cette analyse. Je crois aussi que rien ne remplace le contact vrai, le temps donné en face à face, café ou non ! Même si la toile autorise aussi de jolies rencontres :). Et j’aime bien aussi l’idée de liberté que sous entend néanmoins le net:, qui permet aussi de mesurer sa parole et de ne pas s’imposer.
      Et hop , je m’en vais aussi !

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      • Antonio dit :

        Et ne s’est-on pas rencontré sur la toile ? Donc sur ce point à je vous rejoins complètement.
        Et n’avons-nous pas poursuivis dans un café tout autrement, posément, au point de nous mettre en retard, souvenez-vous.
        Les deux sont formidables, et aujourd’hui aussi indispensables que complémentaires.
        A nous de bien les valoriser.
        Et je vous assure que vous jonglez bien entre les deux. Votre blog fait bien écho à beaucoup d’entre nous…

        J’aurais plaisir à vous revoir bientôt. 😉

        Aimé par 1 personne

  2. Partager a non seulement un sens… pour moi, c’est l’essence, aussi bien de nos vies que de nos blogs

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  3. Phédrienne dit :

    Pour Antonio
    Merci beaucoup pour ce commentaire et je serais ravie de vous retrouver autour d’un café également.
    Amitiés à vous.

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  4. J’ai envie de dire : la vie est comme cela.
    Nous allons, nous vaquons, nous picorons à droite, à gauche, nous naviguons à vue ou sur route tracée au compas, mais sait-on vraiment où nous allons ? Certains diront oui, d’autres non. Nous parlons, écrivons ici ou là, nous agissons avec nos gestes, nos regards, les mots ou la lumière, qu’importe… nous créons, échangeons, nous vivons ! Nous sommes libres, nous pensons, croyons, suivons une idée ou un sillon, nous nous rejoignons, nous nous quittons, nous distinguons. Nous nous retrouverons, nous quitterons, nous ignorerons puis nous retrouverons, nous aimerons, ou pas. Rien de nouveau vraiment sous le soleil… Juste un angle particulier, une envie de partager. Voilà ! C’est la rencontre qui nous fait vibrer ou nous sentir plus vivant qui nous fait avancer.
    Alors, à un de ces jours, ici ou ailleurs bien volontiers, pour d’autres partages !

    Aimé par 1 personne

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