Vendre la peau du bisounours…

J’essaie parfois de croire en la synergie des réseaux. De voyager par leur biais dans un monde d’idées diverses, de m’imprégner, comme on dit, histoire de ne pas rester dans ma case.

Mais j’y collecte  beaucoup de sujets d’étonnements, surtout en ayant essayé d’élargir ma palette aux auteurs et créatifs régionaux, tous bords confondus. Je ne reviendrais pas sur l’esprit de clan et de copinage qui y sévit lourdement, il semble qu’un cerveau bien fait ne soit pas plus apte qu’un autre à trier le grain de l’ivraie, dès lors que ses amitiés et intérêts privés sont en jeu. Mais je reste sidérée par le peu d’éthique, d’engagement non mercantile et les pratiques plutôt moches que j’y vois ; passent encore  l’auto –promotion, le manque d’esprit critique, l’incapacité de jugement partial (c’est un copain, donc c’est bien), etc. Mais que dire de l’envie, de la jalousie que l’on sent bien courir au long des posts, que penser des accommodements  que chacun a l’air de f aire entre ses actes et ses déclarations vertueuses ?

Que penser des gens qui vous balancent de la pub pour leur propre travail sur vos pages sans rien vous demander, qui critiquent le français moyen qui se rue sur un mauvais livre ( vous voyez de quoi je parle) mais avouent en avoir parcouru les extraits sur le net, où est donc la différence ?   Que penser des libraires qui se pincent le nez pour vendre certains titres mais vous avouent au passage qu’il faut bien vivre, n’est-ce pas ? Même dans le cadre restreint de mon activité, je vous affirme  que j’opère un tri, moi, que je n’accepte pas de réécrire ou d’écrire des textes qui serviraient des idéologies ou des projets douteux. Et si je le faisais, je m’abstiendrais alors de crier avec les loups, ce qui est un comble dérangeant.

Bref, il serait peut-être temps de rappeler que tout ce qui tourne autour de l’écriture et de sa promotion ne s’apparente pas au commerce de légumes, qu’un certain sens de l’engagement et du choix devrait y prévaloir (étant accepté tout le côté subjectif de la chose), et qu’il est agaçant de voir sévir aussi virulemment cet esprit d’épicier qui s’étale à longueur de toile. Rappelons aussi que l’acte d’acheter un livre n’est pas plus innocent que lorsqu’on achète un autre produit. Il avalise une position intellectuelle, une certaine conception du langage, des idées, mais aussi toute la chaîne de production partant de la ligne éditoriale de la maison qui diffuse l’ouvrage en passant par les distributeurs. Derrière ce système, il y a des noms, des finances  et des idéologies. Ca devrait faire réfléchir de temps en temps le lecteur parce que de fait, la lecture, ça continue aussi de servir à ça. Ainsi, les conseilleurs deviendront un peu les payeurs… et les bisounours continueront de courir après les étoiles !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Communication, la pratique de l'écrit et de l'oral, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s