Relire et corriger, une passion noble

Se saisir du texte de quelqu’un d’autre relève du défi et de la mission ; pénétrer la langue d’autrui, c’est prendre en effet un peu de sa chair, juste un peu. C’est essayer de comprendre les rouages de sa pensée, l’architecture de son langage et contribuer ensuite par un travail patient de lecture respectueuse, à améliorer un style, redresser une syntaxe, parfaire sans trahir. Coller à la réalité des besoins exprimés et du but visé.

C’est un travail d’orfèvre qui oblige à se questionner, à réviser ses sources, à s’instruire, à partir à la découverte d’autres mondes. Il y faut de l’assurance mais aussi de l’humilité : celle qui poussera à rouvrir  un livre de grammaire, à faire usage du dictionnaire plutôt qu’à prétendre à une assurance ou à une parfaite maîtrise. La langue est un art qui n’en finit pas de s’apprivoiser et reste perfectible sans cesse. La relecture et la correction s’accompagnent donc  d’une circulation d’énergie et de connaissances, d’un échange qui va bien au-delà d’une simple prestation ou d’un service rendu. Autrefois, d’ailleurs, le correcteur faisait partie intégrante des maisons d’édition et des imprimeries où son travail n’était ni minoré ni méprisé, mais s’inscrivait dans une suite logique d’apporter un savoir-faire, une valeur ajoutée.

Aujourd’hui, à l’heure des correcteurs informatiques, on s’aperçoit que la langue échappe à certaines formes de  logique, qu’elle se dérobe à la rectitude, que le sens figuré et les jeux de langage peinent à se caser dans des mécaniques immuables. Et la question de savoir ce qu’on apprend lorsqu’on apprend à écrire et à partir de quel moment cet apprentissage-là est censé être abouti, se pose de nouveau.

Il n’existe donc pas chez moi qui suis des deux côtés de la barrière, écrivain d’une part, relectrice correctrice de l’autre, de frontière entre ces deux modes : une même passion et une même curiosité de découvrir, d’améliorer, d’instruire en m’instruisant moi-même, traversent ces deux pôles.

Avec la fierté revndiquée de faire et de participer à la défense autant qu’à l’évolution d’un patrimoine commun et vivant : la langue que nous utilisons

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A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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