Juste une question de sémantique

Non, je n’accepterai pas que tu m’éreintes, que tu t’échines perfidement à saper mon moral, que tes circonvolutions langagières nuisent à mon intégrité mentale, que ta gentillesse moelleuse soit pimentée au cyanure ou saupoudrée de cynisme. Non ! Tu sais, lorsque tu parles, je t’écoute, soigneusement. J’ai appris à comprendre que le « on » habilement utilisé cache parfois le « tu » que tu ne saurais donner par crainte d’une attaque plus frontale j’ai appris à être sur le qui-vive, lorsque j’entends, par exemple, cette fameuse petite phrase : «  je ne voudrais pas te vexer, mais… ». Oh, ce mais ! Combien il cache d’intentions malveillantes, combien il se délecte déjà de l’inquiétude qui se lève chez l’autre ! Mais, quoi ?

J’ai appris à guetter le « vous » perfide qui se substitue au « nous », lorsqu’il s’agit de stipendier un défaut, une tendance et alors, votre interlocuteur se désolidarise en vous incluant subtilement : vous, vous en êtes bien de cet aréopage de gens peu scrupuleux ou peu malins qui sombrent dans la déréliction ou la sottise ! Mais lui, non ! J’ai appris à supposer dans mes propres usages langagiers l’immixtion d’une mince tranche de jalousie, la petite envie mordante de  piquer, d’agacer, qui vous empêche de complimenter vraiment, de vous satisfaire sans arrière-pensée.

J’ai appris à écouter le silence qui se fait soudainement parmi ceux qui sont si prompts à critiquer, à réagir, dès lors qu’il s’agit de souligner ou d’accompagner un de vos projets. Chrehcez bien ,vous ne les trouverez pas ! Parfois, ce silence est fracassant ! J’ai appris à l’écouter en moi lorsqu’il n’est pas d’or, mais cache au contraire une humeur d e plomb. J’ai appris enfin à aimer le courageux peteit « je » qui défend de s’abriter sans cesse derrière les on et les nous pour justifier un avis, une tendance, qui s’enhardit à prendre la pleine responsabilité de ses propos.

Eh oui, l’intention cachée derrière les mots, quelle que soit leur belle figure,  n’est pas si limpide qu’on le croit ! Question de sémantique et c’est ce qui fait tout l’intérêt du langage, tellement fondateur et tellement redoutable.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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