Avant moi

Ma fatigue s’est couchée avant moi

En roulant ses vieux bas de soie grise

Son œil éméché, sa paupière violine

Sa bouche frottée de nuit

Meurtrie aux montants de mon lit

M’a murmuré tout bas

Viens te coucher, tu vois

Le jour est paresseux, il tardera encore

Ou il fera le mort

Toutes deux enfouies dans le drap qui se plie

À l’injonction du corps

Avons laissé le vide devenir notre guide

Et les mots s’enrouler comme un serpent avide

Pour dérouler sans fin ces riens où se mutine la raison

Et le sommeil comme un vieillard gourmand de chaleur

s ‘est enfin couché sur nous…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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