Ô tempora !

S’il faut faire court, alors, laisse-moi m’étendre un peu

Je suis lasse des brèves, des incises, des parenthèses

De l’obscur chemin du temps qui impose ses trêves,

Quelques instants posés en équilibre fou,

Sur un demi-jour gris qui s’ensommeille

Je voudrais ta plage d’éternité

Ces longs plissements où je pourrais glisser

Intemporelle, pour une fois

Verse-moi dans ton sablier, égrène-moi

Fais-moi reine de tes secondes

Demain tu sais, n’existe pas

C’est maintenant, là, tout de suite,

Qu’il faut cristalliser le présent

Moi, j’ai tout mon temps…

Alors, je déroule ces longues fariboles

Je caracole sur ton dos hérissé de dépit

Je te retiens par le col

M’en voudras-tu ?

Enlaçons-nous, puisqu’il paraît

Que le temps est circulaire

Dessinons cette ronde de main à main

Soyons immortellement féconds

Tant me lasse la vitesse de tes refus

Que je me refuse à faire main basse

Sur tes envies déchues…

S’il faut faire court, laisse-moi m’étendre un peu

Juste le long de ton bras

Serpentant en maligne traîtresse

je gâcherai tes heures comme il faut

S’il te plaît, laisse-moi te faire perdre ton temps…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, Mon réflex et moi, univers d'images, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s