Que philosopher, c’est apprendre à sourire …

Coco réduiteJe sais bien que ce titre en fera bondir plus d’un, mais cette provocation volontaire a davantage pour objet de proposer que d’imposer.  Parce qu’enfin, depuis des siècles, philosophes, prêtres, sages et oracles du pire n’ont cessé de focaliser le dur faisceau de leur regard sur la mort qui attend chaque être vivant. Malgré tous leurs efforts réunis, néanmoins, nous ne sommes guère plus avancés aujourd’hui sur les raisons ayant éventuellement prévalu à notre existence, ni sur notre finalité. Quant à savoir ce qu’est la mort, bien malin qui saura le dire sauf à constater les phénomènes physiologiques qui l’accompagnent, et notre incapacité à l’accepter.

Bien que nous ayons chu brutalement du centre de l’univers pour n’en constituer désormais que d’infinitésimaux corpuscules, nous continuons imperturbablement à nous agiter à propos de perspectives dont nous ne savons rien.  Entre nihilisme, désespoir, résignation et folles espérances, recours à de douteuses figures totémiques ou à des croyances, nous jouons avec ce vertige existentiel qui semble (sauf preuve du contraire) nous différencier définitivement de l’animal.   Et continuons paradoxalement à lorgner du côté de Google et de ses recherches sur l’immortalité … le tout aujourd’hui dans un bain de tristesse et d’accablement qui semble de bon ton, alors même que nous continuons néanmoins à donner naissance à de nouveaux êtres auxquels nous n’offrons aucune perspective rieuse. Je vous avoue humblement qu’une telle logique m’échappe.

Dans ce contexte, le quidam qui s’essaie à occuper au mieux un laps de temps dont il ne peut anticiper la durée, et auquel l’expérience de la souffrance ou du mal aura parfois conféré l’amour du rire et du bien-être et le désir de bien vivre, semble au mieux un écervelé, au pire, un crétin de bas étage. S’il daigne rire de tout, en ces temps de censure morale qui reviennent au galop, il passera facilement pour fou ou indécent. Et chacun d’y aller avec une maxime tirée des annales du net et de moult courants de pensées qui fourmillent sur la question.

Étant donc à la fois écervelée et crétine, je ne peux pas m’empêcher de loucher du côté des chemins de traverse qu’offre la pensée, justement, quand on l’autorise à dévier. Je ne peux pas m’empêcher de me rappeler qu’une grande partie de nos illustres philosophes (quand ils ont eu le choix) ont mené leur vie jusqu’au bout et se sont bien gardés de vivre comme des anachorètes. Que maints d’entre eux n’ont renié ni la chair ni les sens et se sont accommodés des fluctuations de leur existence.

A ma manière fruste et brutale, j’ai appris quant à moi depuis longtemps que le rire était un puissant moteur qui n‘empêche ni l’empathie, ni la réflexion, bien au contraire ! En libérant l’esprit de ses douloureuses pesanteurs, il autorise la mise en perspective et ouvre des horizons. Il tend la main.  L’atrabilaire, le grincheux qui grince de méchanceté, a certes de l’esprit, mais qui le corrode lui-même comme un mauvais vinaigre. Sa pensée est-elle plus juste pour autant ? pas si sûr… le sage pétri d’ataraxie est-il encore dans la vie ? Émane-t-il de lui davantage de vérité ? je ne sais … Chacun évidemment en jugera à sa manière mais c’est un tout autre petit sentier verdoyant qui me tente par ses ombrages… et que sans plus de facéties, je vous propose en cet instant…

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Que philosopher, c’est apprendre à sourire …

  1. Antonio dit :

    Je partage complètement.
    Par le rire, la joie, je pense que l’on accède à une ouverture d’esprit bien plus grande qu’on ne l’imagine… l’inspiration, les bonnes idées comme les belles choses dans la vie nous arrivent instantanément quand nous jouons, rions comme des enfants. J’en fais parfois l’expérience.

    Nos élites si elles riaient plus souvent auraient de meilleures réflexions je pense
    Merci pour ce billet qui a fait bondir mon sourire 😉

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  2. … et vice et versa ! Merci, Phédrienne.

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