Jusqu’à demain

Parfois, tout s’arrête.

Ailes pliées, mains couchées

corps lové sous la caresse du ciel.

Etrangère à tout je ne comprends rien et abandonne

la ligne de mon dos au vent qui le talonne.

Même les arbres se sont tus.

Seul résonne ce cri étonnant : qui es-tu ?

Désamarrée de moi, ancre perdue, ballottée

de vague en crête, de récif en pointe aigue

je laisse déchiqueter ma chair oublieuse

s’éparpiller mes os

Il sera temps plus tard de rassembler ces fragments

peut-être

ou de m’écheveler encore le long des berges

et sur le flanc des montagnes

d’épouser la terre meuble, les troncs

l’herbe mouillée, la pierre

de me disperser

En attendant me berce le vertige de n’être rien.

Quel curieux personnage me regarde !

Statue inanimée attendant en vain l’offrande d’un cœur …

Je reprendrai mon souffle quand il me plaira d’animer

l’étrange marionnette.

Un petit tour et s’en ira la transcendance du vide.

Jusqu’à demain ?

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Jusqu’à demain

  1. Antonio dit :

    Il y a une incroyable respiration dans ce texte. « Parfois tout s’arrête ». Un premier vers comme on souffle. Et quelle inspiration derrière ! … Je n’ai pas toujours trouvé cette justesse dans vos poèmes, sans jugement de valeur du contenu, juste une observation de la forme.
    Pensez-vous qu’il y a un changement dans votre écriture… ou plus d’évidence ?
    Ou c’est juste moi qui respire (enfin) en lisant 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Phédrienne dit :

      Bonjour Antonio,
      Vous voyez juste, je sais que mon écriture change, sans doute parce que (si vous me pardonnez cette image ), en écriture, il faut du temps pour se déshabiller ! Merci à vous.

      J'aime

      • Antonio dit :

        J’ai l’impression que l’écriture passe désormais après vous.
        Je veux dire par là qu’avant vous me sembliez plus à son service, très appliquée, alors qu’aujourd’hui c’est elle qui vous sert, pour vous rhabiller (puisque vous aimez cette image) selon votre fantaisie ou vos émotions. Elle est vous. Elle respire, elle chante, elle se meut, elle s’émeut aussi… Je vous livre ici un ressenti et pas une analyse d’expert. (je n’ai aucune formation littéraire)
        Vos textes comme vos chansons gagneront à être reconnus, j’en suis convaincu 😉
        Bonne continuation.

        Aimé par 1 personne

      • Phédrienne dit :

        Honnêtement, c’est la chose la plus agréable qui m’ait été dite sur ce sujet, et comme je connais votre sincérité, je suis touchée, vraiment ! Et vous remercie. Parce ce que vous citez correspond à un ardent souhait de ma part vis-à-vis de l’écriture.

        J'aime

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