Chanson du soir

Si seulement je pouvais dévisser ma tête

Je la poserais sur un mur

Je mettrais à sa place un bouquet de violettes

Ou pourquoi pas, un pot de confitures

Un chevalet de peintre

Un bloc de terre blonde

Une pâte ductile qui épouserait tes doigts

Tu pétrirais là une créature fragile

Avec des yeux ourlant de rire l’horizon

Une tête d’oiseau au plumage indocile

Un château en Espagne, un carosse de verre

Ou du vin de champagne aux bulles assassines

Et moi je ne serais plus qu’un corps attendri

Jeté à tes caprices comme le vent du soir

Ouvert à tes écrits, comme un vierge grimoire

À mon esprit déchu, tu serais l’ostensoir

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Chanson du soir

  1. Jean-François Mathé dit :

    Un beau poème.
    Il nous dit qu’on peut perdre la tête unique que la réalité nous a fabriquée, pour la retrouver diversifiée, multipliée, accordée aux désirs dans l’imaginaire et la poésie. On aimerait vous suivre dans ces métamorphoses !
    Jean-François

    Aimé par 1 personne

  2. Phédrienne dit :

    Vous le pouvez toujours, avec la puissance de votre imaginaire, si riche 🙂

    J'aime

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