Humeur de chien (rieur)

 

J’aime assez les utopistes, moi, en ce qu’ils ne laissent pas faire ce qu’ils perçoivent du réel. C’est assez méritant, surtout en des temps que l’on nous dit matérialistes. Mais à force d’écouter et de lire des choses diverses, picorées de ci, de là, je me demande si, en fait   nous ne fantasmons pas le monde bien plus encore que nos ancêtres, lesquels il est vrai, étaient confrontés à des conditions de vie bien plus dures que les nôtres (si vous avez la chance d’avoir un grand-père dans votre famille, interrogez-le sur ce  point, vous serez servi).

La notion qui m’interpelle le plus est la conception que nous paraissons avoir de l’homme. Délogé du centre du monde, ce qui est heureux, il dispute aujourd’hui au mouton, au loup, au chacal et à l’âne leur place dans l’ordre présumé de la nature. Idiot, primaire, pétri de méchanceté pour les uns, victime de son imperfection naturelle  et bébé malingre à préserver pour les autres sous la projection tutélaire de la nation, bien malin qui sait aujourd’hui ce qu’il est. Quand bien même  certains s’essaient à  le regarder sous le prisme de l’égalité et de l’universalité de ses besoins, leur vision me semble se réduire à celle d’une SPH : garantir un toit, une écuelle garnie. La survie de  l’espèce. Quant au besoin de s’accomplir, d’écrire son histoire, de se révéler dans sa personnalité, de choisir son destin, d’avoir une ambition hors les murs de sa niche, là, la volonté se dilue et disparaît.

Je me demande du coup si nous avons vraiment évolué là-dessus depuis les Grecs et leur image d’un mode où le citoyen n’était pas le peuple, contrairement à ce que l’on pourrait croire.  Que faire alors de tout cela, si ce n’est refuser d’aboyer avec le chien ou le chacal, et de laisser braire l’âne, lequel, si on y regarde de près,  est plutôt malin. Et de contempler ce cirque sans plus de désolation, mais avec un sourire rabelaisien, si on le peut.

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A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Humeur de chien (rieur)

  1. Braire me convient bien, Colette, braire et porter le bât dont je me charge ! Une toute jolie journée à vous.

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