Une lettre

Si tu étais parti au-delà des mers

des côtes, des rochers, des plaines, des forêts, des terres

des montagnes et même des banquises

Loin, le plus loin, là où même le pas de l’ours s’ignore

et si je t’écrivais

Que cette missive mette des mois, non, des ans peut-être à te parvenir

Que te dirais-je ?

Je pencherais mon front pour toi sur le papier

Je fermerais la fenêtre sur le bruit

J’ouvrirais la porte aux images et aux rêves

Je prendrais le temps, oui, crois-moi, je le prendrais

Je quitterais l’immédiateté, j’oublierais l’instantané

Je me dépulsionnerais, je quitterais ce siècle brutal

Je puiserais aux astuces du temps

Je réinventerais ta voix, tes gestes, nous

Et cela coulerait comme un ru tranquille

serpentant en creux de prairie

j’userais des mines, je prendrais du ciel

de l’herbe, du vent, et je t’écrirais

longtemps, longtemps, longtemps

pour que cela devienne rivière et océan

déroulant jusqu’à toi, par delà l’oubli

les rondes et les déliés de nos corps

mon souffle, ma buée d’âme jusqu’à toi

si tu étais parti là-bas …

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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