Langue de terre

langue

Je l’ai nouée férocement, chauffée à blanc

large pont incendié, herse levée

pointe couchée comme un chien fatigué

Elle attrape languissamment quelques

petits mots obligeants, mouches de sons

étriqués, monosyllabés, pattes collées

Il lui faudrait de l’eau de mer

marin frottant à grandes manches

son grain usé d’un peu d’amer

Il lui faudrait quelque amnésie

pages arrachées, ratures, fourmis

d’encre dessinant des rivières

de  mains jetées sur les misères

C’est d’un peu de cacao roux

de miel ombré d’automne doux

que j’ai lissé ma langue terre

où poussent de petits cailloux

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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