N’habite pas à l’adresse indiquée

 

A la tâche, je suis ma bourrelle

liée de cuir noir, tablier aux flancs

Un  chiffon de roi roulé en dentelle

nettoie mon regard des ennuis  latents

Le monde est inconnu à cette adresse,

qui de son quotidien arase les tendresses,

parle d’amour tout le temps qu’il fait la guerre

parle de ce qu’il ne touche guère

radote de convenances grotesques

Je ne lui parle pas

Je ne le lis plus

tant sa parole me saoule sans joyeuse griserie

Alors je bûcheronne, je coupe, je scie, je tronçonne

je fredonne à l’oreille des amis

cet air de silence qui bruit comme une abeille

dard rabattu sur l’abdomen

je fais des tas, j’essuie la sciure des phonèmes

j’écoute le discours de la nuit

je ris beaucoup parce que quand même

si l’homme veut tenir debout

tronc dressé contre l’oubli

les mains plaquées contre ses peines

il peut sourire encore mieux

unir sa bouche à l‘haleine

de ceux qui cherchent un abri

Le monde est inconnu à cette adresse

où seul le cœur des hommes luit.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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