Je me mets de côté

 

Je me mets de côté

les mains derrière le dos

comme un vieux japonais

marchant

Je n’aime pas les poèmes d’amour

j’ai toujours détesté leur voix

qui pose dehors ce qui devrait

être tu si bien

C’est plus fort que moi, je goûte peu

ces mots

qui font bien trop de bruit

qui se  payent des tenues

qu’ils ne méritent pas

qui vouent à l’immortalité

un culte que je ne lui rends guère

Alors, je me mets de côté

sous le grand ciel

qui prend ses aises

Je n’ai pas besoin de falaises

ni de grands champs, ni de labours

ce qui se défriche, ce qui s’assèche

ce qui se cache sous le grand dais des jours

n’a pas plus d’importance

que le tintement d’un pas sur un trottoir de ville

Alors je me mets de côté

je n’applaudis à rien

je goûte tant de choses

assise tête levée, offerte au vent

j’écris si peu, si peu maintenant

que ma mémoire se délivre

et se rénove doucement

La vie est ailleurs que dans mes livres

qui sont de lourds vêtements

lorsque j’oublie la main qui me délivre

du ronronnement du temps.

Alors, je mets tout de côté.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article a été publié dans Les poésies de Colette. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s