Marcher de nuit

Marcher de nuit manteau glacé plaqué au ventre

Faire sonner le trottoir gelé

Goûter longuement le ciel qui chavire

entre indigo et violet

Les trottoirs se hérissent de quelques promeneurs

les réverbères livrent leurs fantômes

dont les ombres s’étirent, difformes et muettes

Au creux des porches, sur les bancs,

des solitaires attardés frottent leur dos un peu usé

et leur regard se noue parfois à vos épaules

Le souffle de la ville, attentif et fécond

murmure sa plainte que le vent réveille

la rue semble ne pas finir même si au loin

la promesse d’un toit sommeille

Marcher de nuit quand tout est clos, suspendu

que je peux rêver que tout a disparu de la fièvre

 et du bruit, de la batterie fracassante des êtres

empressés et fuyants, que le jour réunit

Marcher de nuit, le plus lentement que je peux

avant qu’elle ne me repousse

comme elle abandonne sur le seuil du matin

 tous ceux qui l’ont aimée en vain …

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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