L’autre rêve

Un matin, j’ai disparu

Cela s’était déclenché de façon quasi imperceptible

d’abord l’arcature d’un sourcil

ensuite, l‘exactitude de la pupille et sa

capture du monde réel

puis l’ourlet de l’oreille

le promontoire du menton

la soie froissée des lèvres

J’aimais te parler

la voix de mes mains

sur ton front blindé

la voix de mon corps sans virgules

le silence de mon dos offusqué

tout cela dessiné à l’encre sympathique

Que puis-je garder de ce qui fut

que puis-je montrer si  le rêve que j’étais

en toi, n’est plus ?

J’ai suivi en dedans cette disparition lente

un à un, effacés, geste familier, pas dansant

regard perçant le loup sur mon visage

A la fin, un sourire est demeuré, flottant

le soleil a brûlé sa trace et maintenant

que je suis pareille et autre

quel autre rêve viendra ?

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour L’autre rêve

  1. Comme Otto de Marc-Antoine Mathieu qui trouve qui il est quand il ne l’est plus, ou l’opposé. Heureusement pour nous, que Colette disparue puisse encore écrire.

    Aimé par 1 personne

  2. Aldor dit :

    Comme un chat du Cheschire.

    Aimé par 1 personne

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