Langage

Toi et moi savions qu’aucun langage n’est sucré

l’esprit à vif, la chair ulcérée

tout ce qui ne se dit pas mais se vit

aussi fortement que l’arbre pousse ses racines

s’interdit, je le crois, des images léchées

Nous avons donc trempé nos langues dans un fleuve fauve

pour crier la vérité de ces instants

qui se sont perdus là où tout devient hier

Je laisse à ma droite ces cairns de pierre où de plus zélés

piocheront les blanches traces de leur vie

Sur le sentier que j’ai choisi

les fleurs sont laiteuses et le matin éclaire

la grande mer des non-dits

Rien ne s’y tisse, tout se perd

à peine un nouveau pas franchi

et le monde alors chante de toutes ses voix

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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