Légende

Les cheveux de ma grand-mère formaient nappe, lit et rivière
quand son chignon dénoué délivrait sa crinière
jusqu’aux pieds du fauteuil où elle vivait clouée
Longtemps je l’ai rêvée, sirène privée de jambes
le dos arcbouté à un dossier de pierre
jamais je ne l’ai vue autrement que murée
dans un corps qu’aucune forme ne soutenait
La légende chantée par la voix de ma mère
greffait à cette femme des mains sur un piano
un décor d’outremer sur salon de peluche
de lourds rideaux fermés sur un soleil blessant
puis des yeux d’Espagnole dont je n’ai rien gardé
je suis un petit fruit aux graines oubliées
Entrelacs de racinules, chaque mèche peignée d’argent
que diront mes propres cheveux, forêt de souvenirs absents ?
J’aimerais que chantent le vent, puissant à terrasser les ornières,
ainsi qu’un ruisselet rampant entre des herbes téméraires
un peu de folie dépenaillée au creux d’une poitrine ouverte
quelques mots doux et invisibles comme ton sommeil

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Légende

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