L’école des grands (petite philosophie du boudoir)

J’aimerais bien qu’il y ait une école des adultes, pas ces universités réservées aux séniors et où des têtes blanches s’endorment en écoutant le ronron d’un conférencier, non. Pas de cours du soir où d’aimables bénévoles vous initient à la philo entre deux discussions sur le tricot. Non, de vraies écoles où on pourrait se remettre à apprendre ce qu’on ne peut pas acquérir tout seul.

Des cours qui orienteraient vos recherches, donneraient des pistes, vous obligeraient à remuer vos méninges et à sortir de vos certitudes.  Des cours qui vous obligeraient à travailler. Travailler, ce mot honni, couvert de sueur et d’opprobre, mais qui pour moi peut aussi avoir le sens très noble de l’effort choisi pour une fin déterminée.

Autant le repos est salutaire autant le travail m’est nécessaire pour m’équilibrer. Je crois bien ne pas aimer la paresse intellectuelle, et ne pas goûter plus que cela toutes les autres. Pas pour des soucis de morale mais parce que travailler m’enrichit, me nourrit de cette obole si particulière qu’est la satisfaction d’agrandir son champ d’investigation, de revenir sur ses préjugés, de rompre sa propre inertie.  Je connais d’ailleurs autour de moi des centaines de  personnes qui aspirent au repos qui les ennuie et les éreinte jusqu’à la dépression. Alors elles écrivent, n’importe quoi, pourvu que le mot trace, jouent à des jeux qui les abêtissent, « psittacisent ». Je m’y refuse.

Dans ce désir frénétique d’écrire qui a aussi été le mien, la peur de rester avec soi se faufile, un pas après l’autre. La prétention de toute puissance, d’avoir construit un château bien solide où notre moi-roi trône s’y lit assurément.

J’aime être fragile, inachevée, avoir besoin que d’autres me cultivent, m’aident à labourer ma terre, tout comme j’aime à donner à plus pauvre que moi.

Pour l’instant, mon école se réduit à un toit et à des rencontres régulières lors desquelles je travaille avec d’autres.

C’est une petite école mais elle vit.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour L’école des grands (petite philosophie du boudoir)

  1. Philippe A dit :

    Bonjour,

    Je parlais ce week-end de créer une école de la paix en opposition à ces écoles où l’on apprends la guerre. Une belle idée utopique, mais néanmoins nécessaire. Bonne journée.

    Cordialement Philippe Alliel http://www.philippealliel.com www zalliel.wordpress.com (blog photographique) Portable : 06 80 68 90 36

    J'aime

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