Raboteuse

Lorsque mon vieux plancher a faim je le tartine de cire d’abeille

amoureusement je le oins comme j’aurais rêvé autrefois que tes mains

me pétrissent de farine, de beurre, de crème nacrée

juste pour avoir le droit de gémir

Puis je le patine à la main avec un chiffon à reluire

Ses entre-lames, mystérieuses cavernes où brille parfois l’ombre

d’une bague, pleurent des miettes et des cheveux

Cambré sur ses lambourdes molestées de longue date

mon vieux bois craque de toutes ses jointures

sous ma main sadique

et moi je rêve de goûter, pralines craquantes,

pain parfumé, chocolat amer et sucré

mousse blanche de lait perlée

sur ma bouche de raboteuse osée

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Raboteuse

  1. patrick L. dit :

    Et bien il est bichonné ce plancher. 😉

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s