Sans titre

La nuit violette saisie à pleine chair
nous marchons dans la ville
Une femme à demi-nue, poitrine éclose
dans un éventail de soie bleue
dandine ses hanches de gourgandine
et tend ses cuisses à la brise du soir
Un homme pose sa main chaude sur mon bras
C’est souvent vers moi que les exilés viennent
Ma blondeur les retient ou le même éclat
égaré dans la pupille ou le même rire, qui sait
Lui cherche le chemin de son pays dans une
Langue malhabile
Eau, marcher, pain, ticket, métro
Ce vocabulaire étique de la survie
rocaille dans ma cervelle
Cela pourrait être
chaleur, humain, aimer, aide
Lui a dit eau et pain
aime-moi assez pour me donner du pain
aime-moi assez pour me donner ton temps
qui peut-être est juste la seconde où je
me suis tournée vers lui et lui ai accordé
ce nom, lui, à défaut d’un autre
Pendant que Louis XIV chevauche fièrement
place Bellecour
des joueurs de flûte et des mangeurs de hamburgers
brillant de la poussière du soir
bourdonnent lourdement
Nous regardons l’homme qui commence
absurdement son ascension vers Fourvière
comme si sa terre l’attendait la-bas

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Sans titre

  1. Aldor dit :

    C’est très beau.

    J'aime

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