Sans titre à griffes et à fourrure

Je suis un chat du Cheshire au cerveau tigré

Assise pattes croisées sur mon rocher tarpéien

j’exécute sans souffrir mes idées d’avant

Avant, c’était une vie sage où chaque objet

savait bien ce qu’il aurait à subir

Avant je prenais un train, je  rentrais à la maison

je tenais une liste de courses

j’entendais en moi le galop fou de la cavale

qu’un licol retenait dans son enclos

Avant je disais oui aux dames

qui me parlaient de chaussures

je souriais aux  hommes qui portaient

leur absence de cerveau entre leur front d’ombre

et leur bouche bavarde

je me disais que la lumière entrerait toujours

J’ignore ce que le monde tente dans son grand tumulte fou

j’ai le cœur doux comme un vélin raclé jusqu’à la déchirure

j’ai le corps drapé de refus et je souris aux songes bleus

qui chutent sans bruits dans le soir

Regarde un peu, mon sac est vide

Le flanc adroitement collé à la roche cuite de soleil

je dormirai, ronde et pleine comme une lune

griffes  crochées à mon sein blanc

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s