Monte sur le trottoir, Lulu !

Deux femmes suaires

deux femmes ossuaires

une trottinette rouge à la main

rouge du sang caché de leurs veines

du stigmate de leur sexe

oblitéré par le tissu

« Monte sur le trottoir, Lulu ! »

L’enfant, bègue et maladroit

dépossédé de son royaume

oublie la route-fleuve

où des hippopotames

nageaient lentement

L’écrasante horloge de quatorze heures

fustige les ombres des arbres

Une longue dame blanche

blanche marquise aux pas menus

cou levé vers l’antipode de ses rêves

glisse sans fin

Te souviens-tu ?

Je t’écrivais que rien n’attend

Depuis, je marche sur des routes

que des bras anonymes ont tracées

si anonymes que pas un mètre de bitume

ne se souvient de la sueur qui l’a baigné

Depuis, je porte sur mon dos

tous les baisers que je n’ai pas donnés

Pour peu que le vent se mêle

de les faire voyager

Pour peu qu’un seul d’entre eux saigne

ton cœur pour plus de sa moitié

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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