Pleine lune

La lune dardait hier sur le dos de la vieille ville

son  œil implacable et triomphant

ventrue, à son aise, ironisant sans fard

sur les corpscollés de moiteur.

Les terrasses dégorgeaient de mangeurs

aux joues fleuries de soleil

le vin s’enivrait de lui-même

d’amoureuses mains renonçaient à frôler

le bras qui leur était complice

Sous une table, un chat dormait d’allègre

contentement entre les pieds déchaussés

Des sombres entrailles d’un pub presque vide

des voix goguenardes montaient

mais partout

les pavés  se dérobaient sous de lents fantômes

enfin sortis de leurs cages

et que la moindre lueur traquait

L’eau recluse dans son berceau brûlant

portait à peine quelques cygnes

le col enfoui dans un duvet  ingrat

Dans le wagon incandescent

qui transportait mon retour

j’ai éventé doucement

un inconnu  dont l‘œil de biche

semblait d’un vide effrayant

La ville s’embrase et tout s’éteint

dans le vouloir des hommes

(eh oui, je l’ai prêté quand même, mon éventail)

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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