Cinétique

Le petit chien de 17 h promène une femme fatiguée

qui regimbe à suivre la laisse et soupire quand le chien aboie

Tous les jours, je les vois, formant un couple solide

lui devant, elle traînant sa jambe moulée dans un pantalon blanc

La fenêtre m’interroge sur ma capacité à rester

séparée de la vie par 8 centimètres de verre

tous les jours regardant ces images figées

quatre hommes sur un banc

le trottoir chauffé à blanc

le danseur ivre dont les mains

cherchent en vain une taille légère

pour danser à sa manière

Quel diable me pousse à répéter

ces gestes qui ne me sont rien ?

Parfois je me dis que le petit chien

s’efforce en vain de briser sa chaîne

pour courir libre et sans freins

courir comme un chien

Et si je partais courir à mon tour

courir à incendier mes poumons

à fouler mes propres lambeaux

mécanique, muscles et tendons

rotules, nerfs travaillés de foulée sportive

cinétique de répétition

qui me regarderait partant

sur le sentier de ma guerre ?

Quel humain je serais, courant ?

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s